Après le pré et les moutons, Karine Le Marchand a trouvé sa nouvelle écurie : l’immigration. Ce 9 février, elle se pointe chez Pascal Praud – vieux briscard de l’anti-cause immigrée – pour vanter son documentaire sur les « nouveaux Français ». Et là, devant un public médusé et un Praud amusé, la belle se déchaîne : se lâche, sort la lanière verbale : « J’ai vu le RER arriver, j’ai vu tous ces noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes… je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur.
Qu’on se rassure : Karine Le Marchand n’a pas été agressée dans le métro – pour peu qu’elle le prenne encore. Non, elle a juste eu peur en voyant des couleurs basanées qui viraient parfois un peu trop au foncé.
Les internautes n’ont pas tardé à dégainer leurs claviers : « L’hôpital qui se fout de la charité », s’esclaffent-ils. La métisse qui s’effraie des « basanés », comme si elle redécouvrait son propre reflet… avec quarante ans de retard et un léger effet miroir grossissant. L’Humanité, fidèle à sa tradition de psychanalyse, y voit une crise d’identité manifeste, un racisme intériorisé qui s’ébroue dès qu’on fricote avec les plateaux friands d’« authenticité premium ».
Le marchandage de Karine
Pendant ce temps, l’Arcom reçoit sa visite officielle : saisie par deux députées de gauche, Ersilia Soudais et Léa Balage El Mariky, pour « propos racistes accueillis par des rires complices ». Karine, elle, a le sang-froid d’une jument au paddock : même pas mal. Story Instagram à l’appui, elle révèle qu’elle avait parié 500 € avec son équipe sur le buzz inévitable – pari remporté haut la main. Et si l’Arcom venait à la condamner (ce qu’elle estime aussi probable qu’un RER à l’heure), elle filera l’argent… à une association antiraciste, histoire de se refaire une virgule d’image.
Voilà pour ce dernier psychodrame national de trois phrases mal emballées qui sentait la peinture fraîche. Pourtant … À bien regarder l’ITW, le vrai faux scandale tient surtout à une intro un brin pataude ; pour le reste, le fond ne casse pas trois pattes à un canard.
Madame se présente cash : « à moitié noire et fière de l’être » — à moitié blanche aussi, nuance-t-elle — souvenir de Nancy où, gamine, elle faisait figure d’exception pigmentée dans la cour de récré. Puis cap sur Paris, où elle dit avoir vite « pris l’habitude » de ne « plus avoir peur ». Pas exactement un manifeste séditieux.
La castration Praudienne
Son docu diffusé sur M6 ? Une ode aux parcours qui dopent la France, pas un appel au repli tribal — même si la promo a viré au concours de quiproquos. Oui, elle a parlé couleur et race avec des sabots un peu lourds. Mais l’idée, juré craché, se voulait plus humaine : discrimination positive, familiarité qui désarme la crainte, changement possible.
Forcément, aller faire la réclame à CNews, c’était comme apporter des allumettes dans une poudrière. On s’étonne ensuite que ça crépite.
Encore faudrait qu’elle pense là où elle est, et soit là où elle pense. Impossible, dirait Lacan, en riant : surtout pas sur le divan de Pascal Praud.






