Le Correspondant

World Boxing impose les tests de sexe : Imane Khelif, première exclue de la réforme chromosomique

Imane Khelif, boxeuse et championne olympique

EXCLUSIVITE LE CORRESPONDANT. La World Boxing officialise une réforme choc : tous les boxeurs et boxeuses devront désormais prouver leur sexe par test génétique pour concourir. Imane Khelif, boxeuse algérienne, en fait les frais et se voit interdite de compétition tant qu’elle n’aura pas passé le test.

 

Comme nous l’annoncions il y a une semaine, World Boxing a officiellement publié, le 30 mars à 19h, un communiqué instaurant une réforme majeure dans le monde de la boxe amateur internationale. À compter du 1er juillet 2025, tous les athlètes souhaitant participer à une compétition organisée ou reconnue par l’organisation devront se soumettre à des tests sexuels obligatoires pour déterminer leur éligibilité à concourir dans la catégorie masculine ou féminine.

 

Cette nouvelle réglementation fait partie d’un dispositif plus large intitulé « Sexe, Âge et Poids », visant à garantir, selon World Boxing, « la sécurité des participants » et « une stricte équité compétitive entre hommes et femmes ».

 

La politique a été élaborée par un groupe de travail du Comité médical et antidopage de World Boxing, en s’appuyant sur des données scientifiques et médicales ainsi que sur des consultations d’experts issus d’autres disciplines sportives.

 

Un test génétique au cœur du dispositif

Le protocole prévoit un test PCR destiné à détecter le gène SRY, présent sur le chromosome Y. Tout athlète majeur (plus de 18 ans) devra s’y soumettre avant d’être autorisé à concourir. Les tests pourront être réalisés par prélèvement salivaire, sanguin ou par écouvillon nasal/oral.

 

Selon les résultats, les athlètes présentant un chromosome Y, ou atteints d’un DSD (trouble du développement sexuel) impliquant une androgénisation masculine, seront dirigés vers la catégorie masculine ; les athlètes avec des chromosomes XX, ou avec un DSD sans androgénisation masculine, seront éligibles à la catégorie féminine.

 

En cas de résultats ambigus, des examens complémentaires pourront être réalisés, incluant des bilans hormonaux, génétiques et anatomiques.

 

Le cas d’Imane Khelif

Dans la foulée de cette réforme, Imane Khelif, boxeuse algérienne, a été informée par courrier qu’elle ne pourra pas participer à la Coupe d’Eindhoven (5 au 10 juin 2025) ni à aucun événement officiel, tant qu’elle ne se sera pas soumise au test requis.

 

World Boxing précise dans la lettre, datée du 30 mai, que cette décision vise à assurer « la sécurité et le bien-être de tous les boxeurs, y compris Imane Khelif », et à protéger leur « santé mentale et physique ».

 

Rôle des fédérations et procédure d’appel

Les fédérations nationales devront désormais certifier le sexe chromosomique de chaque athlète inscrit à une compétition World Boxing. Toute absence de certification ou tentative de fraude pourra entraîner l’inéligibilité du boxeur ou de la boxeuse concerné(e), ainsi que des sanctions disciplinaires pour la fédération.

 

Un processus d’appel est prévu pour les athlètes concernés, avec un accompagnement médical et psychologique en cas de résultats atypiques.

 

Une réforme dans un contexte de reconnaissance olympique

World Boxing, créée en avril 2023 à la suite de l’exclusion de l’AIBA par le CIO, a obtenu une reconnaissance provisoire du Comité international olympique en février 2025. Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la réintégration de la boxe au programme des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.

 

L’organisation affirme vouloir encadrer le sport de manière « objective, équitable et scientifiquement fondée », en mettant en place des critères biologiques clairs pour la participation aux compétitions internationales.

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