Vendredi 26 décembre 2025. Ligne 3. Trois femmes poignardées dans le métro parisien. Blessures légères, scène de panique. L’une des victimes est enceinte. En quelques heures, l’agresseur présumé est identifié, localisé, interpellé dans le Val-d’Oise. Le fait divers est bouclé avant même d’être raconté.
À Beauvau, le récit est immédiat, bien huilé : un Malien, 25 ans, déjà condamné, sorti de prison à l’été 2025, visé par une OQTF, placé 90 jours en centre de rétention puis relâché faute de laissez-passer consulaire. Le portrait circule, l’étiquette aussi. Tout colle. Trop bien.
Problème : l’homme est français. Depuis 2018. Nationalité acquise, papiers en règle. Le 29 décembre, le ministère de l’Intérieur corrige. Discrètement. Il explique que l’intéressé n’aurait jamais déclaré sa double nationalité lors de précédentes procédures. Soit. Mais cela n’explique toujours pas comment un citoyen français a pu faire l’objet d’une OQTF et d’un placement en rétention.
Puis vient la suite, tardive, presque gênée : le suspect est remis en liberté pour raisons psychiatriques. Son état est jugé incompatible avec une détention prolongée. Il est hospitalisé. Une information essentielle, révélée après que le récit initial a déjà produit ses effets.
Ce dossier ne dit pas grand-chose sur la sécurité dans le métro. Il en dit beaucoup sur un réflexe administratif et politique : associer un acte à une origine avant de vérifier un statut. Aller vite. Trop vite. Et se tromper, lourdement.
Une seule question demeure, et elle dérange : si l’homme avait été blanc, cette « erreur » aurait-elle seulement été possible ? Le reste n’est qu’un enchaînement de communiqués.
Article modifié à 22h03






