La justice française a rendu un verdict, et Donald Trump a sorti son carnet de sanctions. Fidèle à sa conception très personnelle de l’État de droit, le président américain entend désormais s’en prendre aux magistrats ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier. Leur crime, aux yeux de Washington : avoir appliqué la loi à une alliée idéologique de la droite radicale internationale.
Depuis plusieurs mois, l’administration Trump aligne les interdictions de visas comme d’autres dressent des listes noires. Responsables politiques européens, juges de la Cour pénale internationale, militants associatifs : tous ceux qui incarnent un contre-pouvoir ou rappellent l’existence du droit sont susceptibles d’être frappés. Dernier exemple en date, l’ancien commissaire européen Thierry Breton, persona non grata aux États-Unis.
Selon Der Spiegel, dans une enquête publiée le 30 décembre et jamais démentie par le département d’État, cette politique de représailles devrait encore s’intensifier. Les magistrats français deviennent ainsi des cibles diplomatiques pour avoir osé juger une figure de l’extrême droite — sacrilège ultime dans la galaxie trumpiste.
Sous couvert de défense des « valeurs conservatrices », Donald Trump exporte ses méthodes d’intimidation et son mépris assumé pour l’indépendance judiciaire. Une stratégie qui ressemble de plus en plus à la mise en place d’une internationale réactionnaire, où la justice est tolérée tant qu’elle protège les puissants — et sanctionnée dès qu’elle s’en émancipe.






