Promesses toutes faites, décor fatigué. Richard Strambio vise le triplé électoral à coups de vidéos sages et de slogans prémâchés. Sa ville boite toujours : théâtre déserté, trottoirs encombrés, habitants sans toit ni travail. À Draguignan, la campagne municipale a démarré… et cale déjà.
C’est officiel : Richard Strambio, maire sortant de Draguignan, a annoncé sur Facebook qu’il briguerait un troisième mandat. Pas de meeting, pas de foule, pas même un barnum. Juste un fond blanc, une incrustation vert clair, un petit cœur en amorce. Et Richard qui harangue. Accent chantonnant, promesses à la pelle, timbre patriotico-dracénois… et ce mot fatal : « Ici, ça se joue en local, ne pensez pas national ». Aveu presque obligé pour un crypto-macroniste en campagne.
La vidéo a été postée tôt, exactement au moment où la pluie s’abattait sur la ville. Une pluie fine, obstinée, presque symbolique. À 13h02, pile au moment où nous avons consulté la page, la vidéo affichait 46 likes. Et un commentaire. Un seul. Ni plus, ni moins. On aurait presque cru qu’on demandait aux habitants de liker… la pluie.
Un peu plus bas, deux photos de campagne tentent de réveiller l’algorithme. Succès relatif : 25 commentaires. Cette fois, les Dracénois répondent. Pas forcément pour applaudir. « Sérieusement ? », écrit l’un d’eux, surpris de voir la campagne commencer avant que certains problèmes ne se terminent.
Et des problèmes, il y en a un paquet.
Ce commentaire, mi-lassé mi-moqueur, résume le mandat en une phrase : « Peut-être que les déchets qui stagnent sur la route de Grasse seront enfin débarrassés durant ce troisième mandat ». Un autre, plus culturel mais tout aussi amer, rappelle que son association réclame simplement le droit d’organiser des événements au théâtre. Réponse de la mairie ? Toujours en attente, comme Godot.
Et puis il y a Guy. 71 ans. SDF. En attente d’un logement social depuis “belle lurette”, selon un commentaire qui tombe comme un pavé dans la mare numérique. Pas un slogan, pas une punchline : juste un rappel que derrière les vidéos de campagne et les photos souriantes, certains administrés patientent encore… campagne après campagne.
La course est donc lancée, et notre maire gratte le fond du baril électoral, promettant demain ce qu’on n’a pas réglé hier… tout en espérant qu’on ne verra rien aujourd’hui. Presque du haut vol.
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