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Procès RN : Marine Le Pen découvre que voler est un délit

Marine Le Pen, Bruno Golniche et une vingtaine de cadres du RN comparaissent en appel dans l’affaire des assistants parlementaire
Marine Le Pen, Bruno Golniche et une vingtaine de cadres du RN comparaissent en appel dans l’affaire des assistants parlementaire

Jugée en appel pour l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen ne conteste plus les faits matériels mais plaide qu’elle ignorait leur portée juridique. Une défense audacieuse pour une ancienne avocate entourée de juristes et d’un professeur de droit pénal.

 

Le 13 janvier 2026, la cour d’appel de Paris a rouvert un dossier dont Marine Le Pen espérait sans doute qu’il finirait par s’user tout seul. L’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, devenu Rassemblement national, soupçonnés d’avoir travaillé pour le parti en France tout en étant rémunérés par le Parlement européen entre 2004 et 2016.

 

En première instance, la justice n’avait pas hésité longtemps. Quatre ans de prison dont deux ferme, cent mille euros d’amende, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Une décision judiciaire nette, et une conséquence politique immédiate : rideau baissé sur 2027.

 

Le Pen change sa ligne de défense

En appel, changement de décor. Marine Le Pen ne conteste plus frontalement la matérialité des faits. Elle affine. Elle polit. Elle déplace le débat. À la barre, le 13 janvier, elle explique n’avoir « jamais eu le sentiment de commettre un délit » lorsqu’en 2004, 2009 ou 2014, le parti embauchait ses assistants. Et ajoute, avec une précaution de juriste aguerrie, que « si tant est qu’une faute ait été commise », elle ne saurait être intentionnelle. Autrement dit, peut-être une erreur, mais sûrement pas une fraude.

 

La stratégie est connue des amphithéâtres de droit pénal. Pour qu’un délit existe, il faut trois éléments. Un texte qui incrimine, un acte matériel, et une intention. Sans intention, pas de délit. L’article 121-3 du Code pénal le rappelle sans lyrisme : « Il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre. » Marine Le Pen s’engouffre donc dans cette brèche étroite. Elle ne nie plus avoir agi, elle nie avoir voulu mal faire. Elle invoque la bonne foi, l’absence de conscience de l’illégalité, et glisse même que le Parlement européen, parfaitement informé des contrats, aurait pu, aurait dû, alerter plus tôt.

 

Le problème,

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