Le 26 janvier, Ségolène Royal, présidente de la Maison France-Algérie, se rend à Alger. Officiellement, pour relancer la dynamique économique. Officieusement, pour convaincre le régime algérien de revenir à de bons sentiments. Bref : faire ce que sait faire la maison qu’elle dirige : un peu de diplomatie… parallèle.
Ségolène Royal n’est pas ministre. Elle ne représente ni l’Élysée, ni le Quai d’Orsay. Et pourtant, elle débarque à Alger ce 26 janvier pour rencontrer le gratin officiel du pays. La raison de ce voyage tient en un sigle discret, presque anachronique : Association France-Algérie. Une structure de la société civile, dit-on. Une vieille maison surtout, qui revient toujours sur le devant de la scène quand la relation bilatérale se grippe.
Née en 1963, dans l’immédiat après-indépendance, à l’époque où la France gaullienne cherche à stabiliser une relation avec un État algérien tout juste sorti de la guerre, tandis que l’Algérie, victorieuse mais exsangue, oscille entre ressentiment, pragmatisme et volonté de reconnaissance. L’Association France-Algérie est pensée comme un outil de normalisation morale et politique. Parmi ses fondateurs figurent Edmond Michelet, ancien résistant et ministre, et Germaine Tillion, ethnologue et figure tutélaire de l’anti-colonialisme humaniste. Rien d’innocent : on ne confie pas la relation post-coloniale à des militants radicaux, mais à des figures morales capables de parler à l’Algérie sans provoquer la France.
Dès l’origine, l’association occupe un entre-deux soigneusement assumé :
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