Cinq fois, et toujours le même cinéma. Cette fois, c’est le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger qui se retrouve convoqué pour se faire sermonner… à cause d’une émission de France 2 qui ose lever le voile sur les petites et grandes zones d’ombre des relations franco-algériennes. On s’était dit que 2026 commencerait sur des patins vernis. Raté.
En ce début d’année, après deux ans de rappels d’ambassadeurs, de communiqués outrés et de silences gênés, Paris et Alger faisaient semblant de se tenir la main. Ségolène Royal était annoncée à Alger le 25 janvier pour « bâtir du positif », à grands coups de mémoire coloniale revisitée, d’excuses suggérées et de dialogues « pragmatiques ». Beauvau se targuait de renouer les fils avec les homologues algériens, tandis que l’on parlait à voix basse, presque honteuse, de l’accord migratoire de 1968. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au 22 janvier.
France 2 met le paquet
Ce jour-là, France 2 a décidé que le meilleur des mondes, c’était surtout pour les naïfs. Le reportage Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie, de Complément d’enquête, sur France 2 met Alger dans tous ses états. Le chargé d’affaires français est sommé de se présenter aux Affaires étrangères. Motif officiel : reportage « profondément offensant », « tissu de contre-vérités », « agression contre l’État algérien ». L’agence APS, fidèle au poste, récite le refrain : ce n’est pas un reportage, c’est un message, une « campagne concertée », « une guerre médiatique », « une guerre contre l’Algérie ». France 2, service public français récidiviste, est accusée d’« indigence professionnelle ». La diplomatie algérienne, une fois de plus, semble avoir une aversion chronique pour le zapping.
Nous, curieux et légèrement sceptiques, avons rembobiné, ralenti, vérifié.
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