Mercredi matin, en Iran, la justice a fait ce qu’elle sait faire de plus vite : mettre fin à une vie. Un homme accusé d’espionnage pour Israël a été pendu à l’aube, au nom de la sécurité nationale et de la vigilance révolutionnaire.
Hamidreza Sabet Esmailpour avait été arrêté au printemps 2025, alors que le pays entrait dans une nouvelle phase de contestation. Un an plus tard, le verdict est devenu définitif, et la procédure, irréversible. Selon la version officielle, l’homme aurait travaillé pour le Mossad, transmis des informations classifiées, acheté du matériel sensible et participé à des opérations de sabotage visant des infrastructures du ministère de la Défense.
Comme souvent, tout est affirmé, rien n’est démontré publiquement. Le procès s’est tenu loin des regards, et les preuves sont restées à l’intérieur des murs judiciaires, là où elles ne risquent pas de circuler.
Cette pendaison n’est pas un cas isolé. Depuis la guerre éclair de juin 2025 entre l’Iran et Israël, les exécutions pour espionnage se succèdent à un rythme soutenu. Douze personnes auraient déjà été mises à mort pour des accusations similaires, selon les organisations de défense des droits humains. Une réponse pénale qui ressemble de plus en plus à une stratégie politique.
Car au même moment, le régime fait face à une contestation persistante. Des manifestants ont été arrêtés ces dernières semaines, et la justice a laissé entendre que certains dossiers pourraient relever de la peine capitale. Officiellement, aucun lien. Officieusement, la corde rappelle à tous où s’arrête la dissidence.
Ironie de la situation : pendant que les autorités annoncent avoir démantelé des réseaux d’espions, le Mossad s’autorise des messages publics en persan sur les réseaux sociaux, encourageant les protestataires et affirmant agir « sur le terrain ». Une présence revendiquée, mais toujours insaisissable.
Avec au moins 1 500 exécutions l’an dernier, l’Iran demeure l’un des pays qui pend le plus au monde, juste derrière la Chine. Un chiffre qui ne relève plus de l’exception, mais d’une méthode de gouvernement.
Les défenseurs des droits humains rappellent enfin que, dans ce système judiciaire, les aveux précèdent souvent les preuves — et que la vérité, elle, n’assiste jamais aux exécutions.





