Le Correspondant

Tunisie : La peine capitale pour un post Facebook

En Tunisie, un citoyen de 51 ans, père de trois enfants, vient d’écoper de la peine capitale non pas pour un attentat, ni pour un meurtre, mais pour quelques publications Facebook jugées offensantes envers le président Kaïs Saïed et sa ministre de la Justice. Depuis son coup de force de juillet 2021, où il s’est offert les pleins pouvoirs comme on s’offre un café turc, le chef de l’État cultive une spécialité : transformer les réseaux sociaux en tribunal militaire de poche.

Mercredi, au tribunal de Nabeul, la sentence est tombée, glaçante. Articles 67 et 72 du Code pénal, décret-loi 54 sur les « fausses informations »… l’arsenal juridique est désormais taillé sur mesure pour criminaliser le sarcasme numérique. « Le verdict de peine de mort a été rendu », a confirmé l’avocat Oussama Bouthelja, qui a aussitôt annoncé son intention de faire appel. L’homme est détenu depuis janvier 2024. Son crime ? Des posts dont la nature exacte reste floue, mais jugés suffisamment corrosifs pour « porter atteinte » à la majesté présidentielle.

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) n’a pas mâché ses mots : une « bévue monumentale », reflet d’une justice aux ordres où certains magistrats, dans leur zèle à plaire au régime, confondent droit pénal et flagornerie. Fait cocasse, la ministre de la Justice aurait elle-même limogé le président de la chambre qui a rendu la décision, signe que l’ignominie a dépassé les bornes du ridicule.

Dans un pays où la peine de mort n’a plus été appliquée depuis 1991, ce genre de verdict rappelle qu’un moratoire n’est pas une garantie, mais une suspension fragile. Car depuis 2021, des dizaines d’opposants, avocats, journalistes et militants sont derrière les barreaux, victimes du fameux décret 54 ou des lois antiterroristes recyclées en instruments de répression politique.

 

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