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Maroc : entre slogans et flammes, le pouvoir en sursis

Le Maroc s’est réveillé ce jeudi avec la gueule de bois d’un pouvoir dépassé par une jeunesse qu’il croyait anesthésiée. Au deuxième soir d’un mouvement pacifique réclamant des écoles qui ne s’écroulent pas et des hôpitaux qui soignent vraiment, deux manifestants ont été abattus par des gendarmes. Officiellement, ils tentaient de « prendre d’assaut » une brigade à Lqliaâ, près d’Agadir. Officieusement, c’est l’épisode le plus sanglant depuis qu’un mystérieux collectif de jeunes, GenZ 212, a lancé ses appels sur Discord, provoquant la panique dans les ministères.

 

Casablanca, Tanger, Tétouan : les slogans s’échappent désormais des smartphones pour remplir les rues. « Liberté, dignité, justice sociale », « le peuple veut la chute de la corruption » ou encore « Akhannouch dégage » – des mots qui ne figurent pas dans les discours officiels mais qui claquent aux oreilles du palais. Les manifestations avaient, fait rare, été tolérées. Mais la nuit tombée, le décor a changé : carcasses de voitures, agences bancaires incendiées, commissariats attaqués. Comme si la colère s’était emballée après des décennies de patience imposée.

 

Les autorités, elles, récitent la vieille partition de la « légitime défense » et du complot de voyous armés de couteaux. À Lqliaâ, les assaillants auraient voulu s’emparer de munitions et d’armes de service. Résultat : deux morts, plusieurs blessés, un bâtiment calciné. À Salé, à deux pas de Rabat, des silhouettes cagoulées ont brûlé deux véhicules de police et une banque. Dans la campagne d’Agadir, à Sidi Bibi, ce sont les bureaux de la commune qui sont partis en fumée. Même Kelâat M’Gouna, pourtant loin de l’agenda de GenZ 212, a été secouée.

 

Le ministère de l’Intérieur parle d’un bilan quasi militaire : 300 blessés (surtout dans les rangs des forces de l’ordre), 400 interpellations, 140 véhicules de police et 20 voitures particulières incendiés. Les tribunaux, eux, s’activent déjà : deux groupes de manifestants doivent être jugés en octobre, preuve que la machine répressive tourne plus vite que les réformes promises.

 

Reste la question que personne n’ose poser à haute voix : qui se cache derrière GenZ 212 ? Un collectif de geeks patriotes jurant leur amour du roi Mohammed VI ? Des agitateurs inspirés par le Printemps arabe ? Ou simplement une génération excédée par des inégalités criantes, qui découvre que la rue peut être plus efficace que les promesses électorales ?

 

Une chose est sûre : le pouvoir n’a pas seulement deux morts sur les bras, il a désormais une jeunesse qui n’a plus peur. Et ça, dans un royaume habitué aux colères étouffées, c’est peut-être bien plus dangereux qu’un cocktail Molotov.

 

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Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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