Le tribunal administratif de Toulon a rendu son délibéré : le recours formé par le député du Rassemblement national Philippe Schreck contre les résultats des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Draguignan a été rejeté. Dans un communiqué publié ce mardi, le maire réélu, Richard Strambio, s’est empressé de saluer un jugement qui, selon lui, vient sceller définitivement le « choix démocratique des Dracénois ».
Ce dénouement judiciaire éclaire d’un jour nouveau un scrutin à la tension extrême. Au terme d’un second tour disputé où seuls 206 bulletins séparaient les deux listes — Richard Strambio (divers droite) l’emportant avec 50,64 % des voix contre 49,36 % pour son adversaire —, la contestation était quasi inévitable. Alléguant notamment l’utilisation irrégulière de moyens municipaux pendant la campagne, le candidat battu réclamait l’annulation de l’élection et l’inéligibilité du maire sortant.

Sur le plan stratégique, l’engagement d’une telle procédure répond à une logique bien connue de la vie politique. Dans le sillage d’une défaite sur le fil, maintenir un contentieux permet à une opposition de garder un pied dans l’étrier : cela remobilise les militants, préserve une visibilité médiatique et entretient l’espoir d’une revanche.
Mais cette arme à double tranchant produit aussi des effets psychologiques profonds sur l’équipe en place. En faisant planer une épée de Damoclès sur le début de mandat, le risque d’annulation instille le doute, perturbe le calendrier politique et peut ralentir le travail des nouveaux élus.
Fin de flottement
C’est précisément cette grille de lecture que met en scène le communiqué du maire. En qualifiant la requête de Philippe Schreck d’« accumulation d’accusations sans fondement » et en martelant que l’élection n’a pas été volée, Richard Strambio cherche autant à réhabiliter la probité des agents municipaux qu’à délégitimer l’offensive de son rival.
Prenant acte de la décision de Philippe Schreck de ne pas faire appel, l’édile entend marquer la fin de cette période de flottement. Pour prouver que la contestation n’a pas paralysé l’exécutif, il détaille les chantiers engagés depuis le scrutin — des aménagements urbains comme le rond-point des Danseurs à la préemption du site Enedis pour la police municipale, en passant par le plan thermique dans les écoles et le renforcement des contrôles de voirie.
En appelant désormais son opposition à quitter les postures pour réintégrer le jeu institutionnel, la municipalité s’efforce de clore la séquence et de retrouver une pleine sérénité, au terme d’un épisode qui aura prolongé pendant plusieurs mois la polarisation de la vie politique dracénoise.





