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Le Correspondant

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Les barbouzeries numériques de l’assistant RN

Au Rassemblement national, les collaborateurs ont décidément le sens des priorités. Pendant que les uns rédigent laborieusement des amendements et que les autres peaufinent des questions au gouvernement, d’autres préfèrent les joies du faux nez sur les réseaux sociaux. C’est le cas de Louis Bérerd, précieux collaborateur parlementaire du député RN du Var, Philippe Schreck.

L’histoire commence par un banal teasing dans nos colonnes : Le Correspondant annonçait une petite enquête aux petits oignons sur le député Schreck. Révélations croustillantes garanties pour la semaine suivante : de quoi troubler la quiétude des oliviers du Haut-Var et donner quelques sueurs froides à la permanence du parti.

Un pirate de sous-préfecture

Ni une ni deux, voilà qu’un mystérieux commentateur débarque sous notre publication, flanqué du pseudonyme ravageur :« Djaffer, l’homme de gauche ». Hommage appuyé ou provocation de clocher ? Le sobriquet reprend tout simplement le prénom du directeur de publication du Correspondant. Il faut dire qu’au RN local, la prose de notre journal passe aussi bien qu’une mauvaise soupe de poissons  !

Pensant sans doute tenir le coup du siècle, notre « Djaffer » d’opérette tente dans la soirée de glisser en douce, sur le groupe Facebook « Draguignan », une publication consacrée aux attentats de Paris. Une bouillie complotiste façon Alain Soral, titrée « Découvrez les dessous de cet affaire [sic] » avec la mention « Prochainement sur notre page ! ». De quoi laisser croire que l’intox émanait directement de notre média… Pas de chance : la patrouille numérique veille et la prose est interceptée au vol par la modération avant d’avoir pu diffuser son venin.

C’est là que la grande aventure de notre barbouze prend une tournure franchement comique. Pour démasquer le corbeau, pas besoin de la DGSI ni de logiciels espions : trois clics de mulot suffisaient. L’outil d’administration indiquait noir sur blanc que la publication avait été soumise « avec un pseudo » par le compte personnel de Louis Bérerd. Un vrai travail d’orfèvre !

Il faut dire que M. Bérerd n’est pas un simple militant de passage. Outre son contrat d’assistant parlementaire rémunéré sur deniers publics, l’homme cumulait les casquettes locales : conseiller communautaire de la Dracénie Provence Verdon Agglomération, il figurait en bonne place sur la liste conduite par Philippe Schreck aux dernières élections municipales (liste qui n’a pas remporté le scrutin). Pour couronner ce tableau de famille, Madame Bérerd était elle aussi de la fête sur la liste.

Courage, fuyons !

Nous avons donc sollicité Louis Bérerd sur Facebook ce vendredi 23 octobre pour qu’il s’explique sur cette belle façon de faire de la politique et sur cette curieuse vocation de fantôme numérique. La réponse ne s’est pas fait attendre : un silence radio cathodique, immédiatement suivi d’un blocage en bonne et due forme.

Contactés dans la foulée ce même jour — par téléphone pour la permanence du député Schreck, et via un message adressé au service de presse du Rassemblement national —, les instances du parti de Marine Le Pen, comme l’entourage de l’élu, ont unanimement fait vœu de silence. Comme s’il n’y avait rien à voir dans ce qui est pourtant bien visible.

Pourtant, ce qui est visible — et invisible — n’est pas anecdotique. Qu’un collaborateur parlementaire, membre d’une instance communautaire et cadre politique local, utilise des manœuvres de corbeau numérique et des relents de désinformation conspirationniste pour tenter de ruiner la crédibilité d’un média relève de la barbouzerie pure et simple.

Et quand on sait qu’un attaché parlementaire se fait un bon petit billet au passage, agrémenté de quelques menus avantages — comme, dans certains cas,  ses frais d’alimentation ou une voiture électrique pendant que le vulgum pecus se met à la diète au gazole —, et quand on sait que toute cette mascarade est pour la pomme du contribuable, cela dépasse le simple coup tordu : on bascule dans la voyoucratie politique.

Cette tartufferie a poussé les administrateurs du groupe Facebook « Draguignan » (sous la tutelle de l'association Cercle du Dragon) à modifier les règles en vigueur. Désormais, aucune inscription ni intervention sous pseudo n'est acceptée : qui avance masqué reste masqué.
Cette tartufferie a poussé les administrateurs du groupe Facebook « Draguignan » (sous la tutelle de l’association Cercle du Dragon) à modifier les règles en vigueur. Désormais, aucune inscription ni intervention sous pseudo n’est acceptée : qui avance masqué reste masqué.

Il faut dire que du côté de l’entourage du député, ce n’est pas la première fois que le profil d’un assistant parlementaire fait parler dans la presse. Dans ses éditions de novembre 2023 et de septembre 2024, le quotidien Libération avait déjà documenté les recrutements effectués par l’élu varois : ceux de Maylis de Cibon, ancienne responsable du syndicat La Cocarde d’Assas, ou de Raphaël Ayma, porte-parole du mouvement provençal Tenesoun, dont le contrat avait rapidement pris fin après les révélations du journal.

Entre le profil de certains de ses collaborateurs et les méthodes numériques de l’un d’eux, l’équipe du député confirme sa belle maîtrise de l’exercice. À l’Assemblée comme dans le Var, la démocratie méritait sans doute mieux. Mais pour les barbouzeries d’opérette, l’un de ses collaborateurs garde définitivement une longueur d’avance.

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Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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