Trump hausse le ton contre l’Iran : ultimatum nucléaire, flotte massive et diplomatie au mégaphone. L’Iran, de son côté, lui souhaite… la bienvenue. Ambiance.
Donald Trump a encore parlé fort. Très fort. Mercredi, le président américain a sommé l’Iran de « s’asseoir à la table des négociations », faute de quoi Washington pourrait passer directement au menu militaire. Sur son réseau Truth Social — diplomatie oblige — le locataire de la Maison-Blanche a assuré que « le temps est compté » et rappelé sa ligne rouge préférée : pas d’arme nucléaire pour Téhéran, sinon gare aux conséquences.
Pour appuyer le propos, Trump ne s’est pas contenté d’un point d’exclamation. Il a évoqué une « immense armada » en route vers l’Iran. Une flotte, promet-il, plus impressionnante encore que celle déployée récemment dans les Caraïbes face au Venezuela. Message subliminal : on sait faire plus gros, et on peut recommencer.
Téhéran répond : négocier sous la menace, très peu pour nous
Du côté iranien, le ton est nettement moins lyrique. Les autorités ont rejeté toute idée de négociations tant que Washington agite la menace militaire. Le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a résumé la doctrine locale à la télévision : discuter avec un pistolet sur la tempe n’est « ni efficace, ni utile ». Il affirme par ailleurs n’avoir eu aucun contact avec l’émissaire américain Steve Witkoff, contredisant les déclarations de Trump, qui assure, lui, que les Iraniens « appellent tout le temps » et « veulent un accord ».
Pendant que Washington promet le bâton, Téhéran sort la carotte régionale. Les dirigeants iraniens multiplient les échanges avec leurs voisins arabes, y compris l’Arabie saoudite, ancien rival devenu interlocuteur prudent. Ryad a ainsi assuré qu’aucune attaque contre l’Iran ne partirait de son territoire, invoquant le respect de la souveraineté iranienne. Même refrain côté Qatar et Égypte, qui appellent à la désescalade et au retour du dialogue, histoire d’éviter que le Golfe ne se transforme en cocotte-minute géopolitique.
Ormuz, panneaux géants et menaces tous azimuts
L’Iran rappelle toutefois qu’il a aussi des cartes en main. Un haut responsable des Gardiens de la Révolution a évoqué la possibilité de bloquer le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial — une manière polie de dire que l’escalade pourrait coûter cher à tout le monde. À Téhéran, de nouveaux panneaux de propagande montrant des frappes contre un porte-avions américain ont fleuri, histoire d’occuper le terrain visuel pendant que les diplomates s’agitent en coulisses.
Un fond de crise intérieure
En toile de fond, la situation intérieure iranienne reste explosive. Selon l’ONG HRANA, plus de 6 200 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation, né de revendications économiques avant de viser directement le pouvoir. La majorité des victimes seraient des manifestants, auxquels s’ajoutent des centaines de morts parmi les forces de sécurité, des passants et des mineurs. L’organisation évoque aussi des dizaines de milliers d’arrestations et enquête sur des milliers de décès potentiels supplémentaires.
Beaucoup de bruit, peu de tables
Entre ultimatums numériques, flottes musclées et appels à la retenue, chacun joue sa partition. Trump menace, l’Iran temporise, les voisins prient pour que la musique baisse d’un ton. Reste à savoir si tout ce vacarme finira par produire une vraie table de négociation — ou seulement davantage de communiqués martiaux et de photos de navires au large. En attendant, le nucléaire iranien continue d’enrichir les tensions, sinon l’uranium.





