Ce jour-là, la France fêtait. Dans les rues de Paris, les drapeaux claquaient au vent, les cloches sonnaient, les foules dansaient. On embrassait des soldats, on chantait la liberté retrouvée, on glorifiait la République revenue d’entre les morts après quatre années d’Occupation. Le pays voulait croire qu’il sortait enfin de la barbarie.
À plus de 1 300 kilomètres de là, en Algérie française, cette même République préparait pourtant l’un des massacres coloniaux les plus violents de son histoire contemporaine. Tandis que l’Europe fêtait la fin des camps et des exterminations de masse, l’administration coloniale ouvrait le feu sur des manifestants indigènes. Puis bombardait des villages. Puis lançait des milices armées dans les campagnes. Puis couvrait des exécutions sommaires, des ratissages, des disparitions, des charniers improvisés. Le tout au nom de l’ordre.
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