Passer au contenu principal

Le Correspondant

Investigation Info off Documents Dossiers
Journal d'investigation
Toutes nos enquêtes paraissent le samedi

Les cerfs-volants de Washington

Des enfants afghans font voler des cerfs-volants.
Des enfants afghans font voler des cerfs-volants.

On appelle ça, dans les cercles de la diplomatie américaine, une “réinstallation volontaire”. Une expression si élégante qu’elle donne presque l’illusion d’un choix.

En clair : 1 100 Afghans, anciens auxiliaires de l’armée américaine pendant la guerre, actuellement bloqués dans une base au Qatar, se voient proposer une alternative simple comme un formulaire : la République démocratique du Congo… ou l’Afghanistan.

Le premier traverse quelques turbulences persistantes. Le second est tenu par les talibans. Mais la procédure, elle, reste “volontaire”.

Ces hommes, et leurs familles — plus de 400 enfants selon les ONG — ont été évacués après la chute de Kaboul en 2021, triés, enregistrés, sécurisés, puis placés en attente. Une attente organisée, prolongée, presque institutionnalisée. Le provisoire, ici, a pris des allures de politique.

À Washington, on explique qu’il s’agit de leur permettre de “commencer une nouvelle vie en sécurité”. Une formule qui a l’élégance de ne pas préciser où commence la sécurité, ni à qui elle est réellement destinée.

Du côté des organisations de soutien, le vernis craque : on parle de “transfert vers un pays en crise”, de “pression diffuse”, de consentement encadré. Autrement dit, d’un choix dont les marges ont été soigneusement dessinées à l’avance.

Car le plus frappant n’est pas tant la destination que la mécanique. Depuis la fermeture progressive des programmes d’accueil, ces anciens alliés sont devenus des trajectoires à gérer : trop visibles pour être renvoyés sans bruit, trop encombrants pour être intégrés sans coût politique.

Le camp du Qatar, ancienne base américaine reconvertie en salle d’attente migratoire, tient lieu de sas. Un espace intermédiaire, suspendu, où l’on ne vit pas vraiment, mais où l’on ne repart pas non plus. On y attend une décision — ou, plus souvent, une redirection.

Ce ne sont pas des expulsions, mais des “options”. Ce ne sont pas des abandons, mais des “révisions”. À défaut d’accueillir, on reformule.

Reste une certitude : dans cette guerre-là, certains ne sont jamais vraiment rentrés. Ils ont simplement été déplacés.

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

Suivez-nous

— Publicité —
Les derniers articles

Chronique d’un brasier annoncé

Six morts déjà. L’Algérie replonge dans le cauchemar des feux de forêt qui, année après année, s’enkystent dans le paysage, frappant avec une violence particulière la Kabylie. Les bilans macabres de 2021, 2022 et 2023 reviennent hanter les mémoires. Une fois encore, des habitants se retrouvent à combattre les flammes à mains nues, tandis que les Canadair promis depuis 2021 continuent de briller surtout par leur absence

FIFA : Magots et magouilles

Depuis dimanche soir, Buenos Aires pleure une finale perdue face à l’Espagne pendant que la planète football contemple le plus beau naufrage géopolitico-sportif de ce siècle. Entre une pétition historique aux portes du record mondial, un arbitrage frôlant l’indécence et une descente du FBI dans les petits papiers de la Fédération argentine, l’Argentine s’est offert le grand chelem de l’impopularité. Mais e véritable coupable de cette farce en mondovision siège bien plus haut

Kaïs Saïed : Le grand œuvre du Sphinx de Carthag

Une semaine de silence radio sur Facebook, et la Tunisie retient son souffle, terrifiée à l’idée que son président, Kaïs Saïd, puisse éternuer. En cinq ans, l’ancien professeur de droit s’est forgé un costume sur mesure de monarque immobile, transformant le pays en un immense désert institutionnel où la seule liberté qui progresse encore est celle de se taire. Plongée caustique au cœur d’un naufrage solitaire.

Schreck vote pour le retour du poison banni

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026, Philippe Schreck, député RN du Var, a voté la loi d’urgence agricole avec les 295 autres « oui ». Celui qui cultive localement l’image du défenseur des terroirs varois montre à Paris une autre facette : le verbe haut pour les oliviers, le bulletin docile pour l’agro-industrie.

Lotfi Nezzar, un antisémite en puissance sous le parapluie espagnol

EXCLUSIF. Exilé sur la Costa Brava avec son pactole, le fils de l’ancien « homme fort » d’Alger fait fructifier Algérie Patriotique. Un site qui, entre deux envolées conspirationnistes, s’est fait une spécialité de l’antisémitisme « haut de gamme ». Et pour la justice espagnole, tout baigne.

— Publicité —

Chronique d’un brasier annoncé

Aucun commentaire

Six morts déjà. L’Algérie replonge dans le cauchemar des feux de forêt qui, année après année, s’enkystent dans le paysage, frappant avec une violence particulière la Kabylie. Les bilans macabres de 2021, 2022 et 2023 reviennent hanter les mémoires. Une fois encore, des habitants se retrouvent à combattre les flammes à mains nues, tandis que les Canadair promis depuis 2021 continuent de briller surtout par leur absence

Lire la suite »

FIFA : Magots et magouilles

Aucun commentaire

Depuis dimanche soir, Buenos Aires pleure une finale perdue face à l’Espagne pendant que la planète football contemple le plus beau naufrage géopolitico-sportif de ce siècle. Entre une pétition historique aux portes du record mondial, un arbitrage frôlant l’indécence et une descente du FBI dans les petits papiers de la Fédération argentine, l’Argentine s’est offert le grand chelem de l’impopularité. Mais e véritable coupable de cette farce en mondovision siège bien plus haut

Lire la suite »

Kaïs Saïed : Le grand œuvre du Sphinx de Carthag

Aucun commentaire

Une semaine de silence radio sur Facebook, et la Tunisie retient son souffle, terrifiée à l’idée que son président, Kaïs Saïd, puisse éternuer. En cinq ans, l’ancien professeur de droit s’est forgé un costume sur mesure de monarque immobile, transformant le pays en un immense désert institutionnel où la seule liberté qui progresse encore est celle de se taire. Plongée caustique au cœur d’un naufrage solitaire.

Lire la suite »