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Le Correspondant

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Le Printemps berbère : une insurrection culturelle aux racines millénaires

Avril 1980. La Kabylie entre en résistance. Un peuple que l’État algérien voulait réduire au silence descend dans les rues pour revendiquer le droit élémentaire d’exister en sa propre langue. Derrière cet embrasement printanier, une longue histoire de dépossession et de résistance, et devant lui, des décennies de lutte avant que la langue tamazight ne soit enfin reconnue — partiellement, insuffisamment — dans la Constitution algérienne.

 

 

Pour comprendre le Printemps berbère, il faut remonter bien avant le 20 avril 1980. Il faut remonter à cette profondeur de temps où le Maghreb n’était pas encore le Maghreb tel que nous le connaissons, mais la Tamazgha — le territoire des hommes libres. Car c’est ce que signifie le mot Amazigh : l’homme libre. Imazighen au pluriel. Berbères, selon la terminologie romaine héritée du grec barbaros, terme infamant dont les intéressés ont progressivement réapproprié le sens.

 

Les Amazighs constituent l’un des plus anciens peuples d’Afrique du Nord, dont la présence est attestée depuis au moins 3 000 ans avant notre ère. Leurs récits apparaissent dans les écrits de l’Égypte ancienne. Leur écriture ancestrale, le Tifinagh, descend des anciens systèmes libyco-berbères, et leurs langues appartiennent à la grande famille afro-asiatique. Ce sont eux qui ont donné à l’Antiquité ses royaumes numides — Massinissa, roi de Numidie, allié de Rome contre Carthage — et ses dynasties berbéro-musulmanes médiévales, dont les Almohades, unificateurs du Maghreb au XIIe siècle.

 

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