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Le Correspondant

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L’AMOUR EST DANS LE PRIME

Un instant, on s’est cru chez Les Z’amours. Puis on a regardé la pendule : 20 heures, pile. Le journal de France 2. Et là, miracle de la télé publique en pleine saison des sentiments : le politique a discrètement cédé la place au romantique.

 

Sur le plateau, Jordan Bardella. En face, Léa Salamé, dans une posture nouvelle : non plus intervieweuse, mais témoin bienveillant d’une histoire d’amour qui dépasse manifestement le périmètre du débat public.

 

Et quelle histoire.

 

Bardella raconte sa vie sentimentale, désormais officielle, avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, révélée quelques jours plus tôt dans les colonnes de Paris Match. Photos en Corse, soleil sur les joues, discrétion soigneusement scénarisée. Le chef de parti anti-système découvre les joies du système le plus ancien de la politique française : la mise en scène.

 

Il explique les paparazzis, l’exposition, la décision de “ne plus se cacher”. Puis la phrase attendue, celle qui clôt le chapitre et ouvre la rubrique people : « Je suis très heureux. » Fin du dossier. Place aux sentiments.

 

Pendant ce temps-là, ailleurs dans la réalité, les sujets faisaient la queue derrière le rideau, sans maquillage ni lumière flatteuse.

 

Le 13 avril, le tribunal correctionnel de Paris condamnait Lafarge et son ex-PDG Bruno Lafont pour financement du terrorisme, après des versements à des groupes jihadistes dont Daech. Une décision lourde, historique. Mais manifestement moins télégénique qu’une romance aristocratique.

 

Dans les territoires, même discrétion budgétaire. À Montargis, Côme Dunis ajuste ses indemnités à la hausse. À La Flèche, Romain Lemoigne suit le mouvement. À Perpignan, Louis Aliot affine encore la partition. Le premier conseil municipal, fidèle à sa réputation, reste un sport de contact… avec la feuille de paie.

 

Et puis il y a le reste : les affaires judiciaires, les procédures, les soupçons récurrents autour du parti de Marine Le Pen. Tout ce qui, habituellement, donne un peu de densité à une interview politique. Mais ce soir-là, tout cela semblait appartenir à une autre émission.

 

Résultat : un 20 heures transformé en prime sentimental. Un chef de parti en vedette romantique. Une journaliste en confidente. Et un pays en spectateur d’un feuilleton qui, lui, n’a pas de générique de fin.

 

Prochain épisode : “Carolina découvre la TVA française” ou “Jordan explique la République à belle-maman”.

 

En attendant, l’info a fait un pas de côté. Et l’amour a pris le micro.

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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