De Sydney à Paris, le fil est plus tendu qu’on ne veut l’admettre. Un attentat antisémite revendiqué au nom de Daesh rappelle brutalement que l’islamisme ne connaît ni frontières ni angles morts. Ailleurs, on nomme l’ennemi et on agit. En France, on détourne le regard, on disqualifie ceux qui alertent, on subventionne, on temporise — puis on expulse quand il est déjà trop tard.
Sydney, 14 décembre 2025. Une célébration de Hanouka, des familles, des enfants, la mer en arrière-plan. Puis les balles. Un attentat antisémite revendiqué, inspiré par l’idéologie de l’État islamique. Au moins douze morts, des dizaines de blessés. Un tireur abattu. Le terrorisme islamiste frappe encore, cette fois en Australie, rappelant une vérité brutale : la vigilance n’est pas un slogan, c’est une question de survie.
Là-bas, les autorités parlent clairement. Terrorisme. Daesh. Réponse ferme annoncée.
Ici, en France — pourtant vaccinée à coups de Charlie Hebdo, de Bataclan, de Nice, de Samuel Paty, de Dominique Bernard — on continue de regarder ailleurs. On commémore, on pleure, puis on oublie. Jusqu’au prochain drame.
Car en France, le problème n’est pas seulement l’attentat. C’est tout ce qui le précède. Les signaux faibles. Les alertes ignorées. La culpabilité coloniale. Et surtout, le sort réservé à ceux qui osent regarder l’islamisme radical en face.
Tirer sur le messager
En France, alerter sur l’islamisme, c’est s’exposer à trois sanctions immédiates.
Le silence des institutions.
Les procès en islamophobie d’une certaine gauche pavlovienne.
Et les cabales islamistes, parfois relayées, parfois blanchies, par une presse plus soucieuse de morale que de réel.
Je sais de quoi je parle.
Pendant près d’un an, j’ai suivi un imam salafiste de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard : Mahjoub Mahjoubi. Caméra ouverte. Accès total. Maison, enfants, travail, mosquée, prêches publics, douros privés réservés aux fidèles les plus engagés. L’homme acceptait tout. Se disait transparent. Moderne. Entrepreneur. Républicain à l’extérieur, musulman à l’intérieur. Il collectionnait les montres de luxe, jurait travailler avec tout le monde, femmes comprises. Il n’avait, disait-il, « rien à cacher ».
Il mentait.
Le double discours salafiste
Très vite, le vernis craque. Refus de serrer la main aux femmes. Prêches sexistes. Obsession du voile. Promesses des « flammes de l’enfer » pour les musulmans déviants. Fantasmes sur les « 70 vierges ». Et surtout, une méthode redoutable : pas de haine frontale, pas d’appel direct à la violence. Juste un travail lent, patient, chirurgical sur les esprits fragiles.
Un jour, un jeune Algérien au bord du gouffre vient chercher conseil. Sa femme française l’a quitté. L’imam ne console pas : il planifie. « Travaille-la doucement. Convertis-la. Choisis les bons moments. Après un rapport sexuel, le corps de la femme est ouvert, prêt à recevoir. » Tout est là. Le cynisme. La stratégie. L’endoctrinement.
Pire encore : Mahjoubi l’assume face caméra. Il ne cache rien. Il veut une République islamique. Un califat. Il explique fonctionner comme un parti politique, recrutant des fidèles comme on recrute des électeurs. Son école coranique — fermée plus tard pour opacité — conditionne des enfants qui rejettent la musique, traitée de « chitane », et rêvent déjà de femmes voilées.
https://www.youtube.com/watch?v=e9aiLhOWSwE

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Personne n’en a voulu
Ce documentaire, je l’ai proposé à toutes les chaînes françaises.
Toutes.
Réponse : aucune.
Pire : pendant que l’enquête dormait dans des tiroirs, Mahjoubi était porté aux nues. Le Dauphiné Libéré le célébrait comme modèle d’intégration. Il était reçu par le maire de Bagnols-sur-Cèze, Jean-Yves Chapelet, par des députés. Le maire lui-même me confiait : « C’est un républicain d’une grande qualité. » Dix ans de confiance. Dix ans d’aveuglement.
Mahjoubi défilait contre le terrorisme. Donnait des interviews rassurantes. Appelait publiquement les jeunes à s’éloigner du radicalisme. Le double jeu parfait.
Jusqu’au 23 février 2024.
Trop tard, comme d’habitude
Une vidéo circule. L’imam éructe. « Le drapeau français est satanique. » « Aucun drapeau ne vaut la loi d’Allah. » Enquête ouverte. Apologie du terrorisme. Insultes à la République. Gérald Darmanin l’expulse vers la Tunisie en moins de douze heures.
Sur BFM, Mahjoubi s’excuse. Jure sa loyauté. À Tunis, une foule l’accueille en héros. Il promet un recours judiciaire pour revenir. À Bagnols-sur-Cèze, ses fidèles sont dévastés, mobilisés pour son retour. Le maire décide de fermer la mosquée.
La France agit. Enfin. Trop tard.
Car des années d’endoctrinement ont déjà eu lieu. Dans l’indifférence générale.
Avignon, même scénario
Même mécanique à Avignon, cité Reine-Jeanne. En janvier 2016 ,je publie une enquête dans Paris Match sur la cité de la Reine Jeanne : une enclave salafiste structurée, sous pression sociale, intimidation, justification religieuse de la violence, recruteurs pour la Syrie. L’imam condamne les morts « d’innocents » mais excuse les attentats en temps de « guerre ». L’association de la mosquée cache 80 000 euros lors d’une perquisition post-2015.
Réaction municipale ?
Déni. Attaque du journaliste – moi-même
La maire PS, Cécile Helle, monte au front, dénonçant des « formules choc », des « amalgames », des « confusions ». Elle se place, de fait, côte à côte avec les islamistes contre ceux qui alertent.
À ses côtés, Amine El Khatmi — alors élu de la majorité municipale, futur pourfendeur médiatique de l’islamisme sur CNews — déroule sur France Bleu Vaucluse un discours lisse, sans aspérité. À l’époque, son silence ou son alignement contribue à étouffer l’alerte. Il sera évincé plus tard. Trop tard, là encore.
Lille, 2004 : le même déni, vingt ans plus tôt
Le scénario, je l’avais déjà vu bien avant. Dès 2004, à Lille. Cette année-là, je publie dans Marianne une enquête sur l’endoctrinement de jeunes Lillois après la création du lycée Averroès, premier lycée musulman sous contrat avec l’État. Derrière la façade pédagogique, je documente des pressions religieuses sur les adolescents, un discours idéologique structuré, et une proximité assumée avec l’UOIF — matrice des réseaux fréristes — autour de figures comme Amar Lasfar. L’objectif n’était pas dissimulé : faire reculer la loi commune, installer progressivement une norme religieuse, imposer la charia par étapes, sous couvert d’excellence scolaire.
La réaction est immédiate : procès.
La direction du lycée attaque Marianne. Elle ment. Elle nie. Elle se pose en victime.
Jean-François Kahn ne cède pas. Toute la rédaction tient. Au terme de la procédure, nous gagnons.
Détail révélateur : l’avocat du lycée s’appelle Jean-Louis Brochen. Il est le mari de Martine Aubry… maire de Lille. Il est surtout connu pour défendre des causes islamistes liées aux Frères musulmans et des affaires emblématiques autour du voile à l’école.
Vingt ans plus tard, la France se réveille enfin. En 2025, un rapport parlementaire décrit le lycée Averroès comme un lieu d’endoctrinement idéologique. Mot pour mot ce que nous écrivions en 2004. Vingt ans perdus. Une génération sacrifiée. Et toujours la même rengaine : ceux qui alertent trop tôt ont toujours tort… jusqu’à ce qu’ils aient tragiquement raison.
Subventionner tôt, expulser tard
Aujourd’hui, la facture explose : 80 % des jeunes musulmans se disent religieux. Chez les 15‑24 ans, la foi se radicalise. Chez les 25‑34 ans, 43 % adhèrent à tout ou partie des positions islamistes.
Le dernier sondage Ifop, commandé par Écran de Veille et publié en novembre 2025, est sans appel : les jeunes idolâtrent des figures fréristes, soutiennent le Hamas, font de l’islam politique un étendard identitaire. Certes, cette enquête est contestée pour ses biais, mais elle pose un constat cruel : l’islamisme, quand il se prend une gifle, il en rend toujours deux.
Preuve : depuis la publication de son sondage, Ifop encaisse plaintes et cabales. Écran de Veille est accusé de servir les Émirats. Frontières, qui dénonçait des élus complaisants, se voit traîner en diffamation. Le journaliste Mohammed Sifaoui, spécialiste de l’islamisme radical, est hystérisé, perquisitionné, auditionné. Le message est limpide : alerter, c’est suspect. Après tout, les cabales ne visent jamais à corriger une méthode, mais à faire taire une alerte.
Résultat : vingt ans de retard. Une génération façonnée dans l’ombre de l’idéologie radicale. L’islamisme avance, tranquille : subventions publiques, neutralisation des voix dissidentes, contrôle de l’éducation religieuse. Et à la fin ? La République pleure ses échecs… tout en organisant des colloques sur le « vivre ensemble ».






