Pour la première fois, ce n’est pas Le Correspondant qui a fouiné son nez dans le linge sale du Rassemblement national à Draguignan. Cette fois, c’est Var-Matin qui s’y colle, et visiblement, le tambour de la machine à laver tourne encore.
À quelques encablures du second tour des municipales, alors que Philippe Schreck caracolait en tête avec 44,7 % des voix devant le maire sortant Richard Strambio, une petite musique judiciaire s’est invitée dans la campagne. Une note discrète, presque en sourdine, mais suffisamment aiguë pour faire dresser quelques oreilles.
Au cœur de la partition, une certaine Véronique Saulet, placée en vingtième position sur la liste « Draguignan Autrement », autrement dit assez loin pour ne pas inquiéter une investiture, mais assez proche pour embarrasser une tête de liste. Le détail qui pique, c’est son passé judiciaire, révélé opportunément par nos confrères.
Le 31 juillet 2019, le tribunal correctionnel de Draguignan la condamnait pour abus de confiance et escroquerie. À l’époque, elle officiait comme comptable dans un Ehpad des Arcs-sur-Argens, où, entre deux bilans, elle s’était offert quelques largesses. Vingt et un chèques détournés pour plus de cinquante mille euros, une carte bancaire utilisée à hauteur de quelques milliers supplémentaires, et au total près de cinquante-cinq mille euros envolés. Le tout avec récidive à la clé, puisque la dame avait déjà été épinglée en 2011 par le tribunal de Paris pour des faits du même tonneau.
La justice, peu sensible à l’arithmétique créative, lui avait infligé dix mois de prison, dont cinq avec sursis probatoire, assortis d’une obligation de rembourser. Depuis, elle s’acquitte de sa dette à raison de quelques centaines d’euros par mois, pendant que l’établissement lésé conserve, selon la formule consacrée, un souvenir disons… impérissable.
Et voilà que cette histoire, soigneusement rangée dans les archives judiciaires, refait surface au moment précis où les électeurs s’apprêtent à glisser leur bulletin dans l’urne. Coïncidence, diront les optimistes. Timing électoral, corrigeront les autres.
Pris de court, Philippe Schreck jure ses grands dieux qu’il n’était au courant de rien. Il remercie même ironiquement qu’on l’ait informé, rappelant que les services de l’État avaient validé sa candidature, comme la sienne. Pour lui, pas de sujet, pas de débat, simplement une « boule puante » lancée par des adversaires affolés à l’idée de perdre leur « petit plat de lentilles ».
Boules puantes. On a déjà entendu cette musique pendant la campagne aux législatives de 2022. Le Correspondant avait déterré une affaire d’investissement hasardeux, et une perte de 200 000 euros, signée par un certain Philippe Schreck, alors bâtonnier et président de la Carpa.
A l’époque, Schreck jurait déjà, la main sur le coeur, qu’il n’en était rien. Et pourtant… quelques mois plus tard, l’UNCA ( L’union des capa de France) révélait que les faits étaient bien là, et que la perte ne relevait pas de la légende urbaine.
Comme quoi, l’amnésie est chronique, les casiers judiciaires ont la mémoire longue… et Draguignan, elle, pourrait bientôt payer l’addition avec des intérêts bien piquants.






