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Le Correspondant

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Menteurs, contre-enquête

À Draguignan, le bouquet est servi… avec fanfare municipale et parfum de volte-face. François Gibaud est accusé de « trahison ». D’abord par le maire sortant, ensuite par plusieurs de ses propres colistiers, qui cherchent encore le moment précis où la campagne « indépendante » s’est transformée en sprint vers une fusion avec la liste RN. Le tout en moins de 24 heures : une performance politique qui tient du 100 mètres… mais en marche arrière.

 

Et comme si la potion n’était pas assez corsée, l’un de ses colistiers, Alain Vigier, ajoute sa petite pincée d’épices. Selon lui, tout cela ne serait qu’un tissu de « mensonges » racontés par Le Correspondant. Rien que ça. Une rédaction entière transformée en fabrique de bobards, apparemment.

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Car le fond de l’affaire n’a pas besoin de polémique : la déclaration des colistiers n’est pas un fantasme. Certains l’ont confié directement au Correspondant. D’autres l’ont écrit noir sur blanc dans un communiqué envoyé aux rédactions locales.

 

Var Matin en a publié un extrait dans la journée, signé par Fréderic François. Ce retraité ne passe pas par mille chemins pour exprimer son malaise. Il nous a confié au téléphone qu’il est Dracénois et qu’il « connait du monde dans la ville « et qu’il ne souhaite pas « que son image soit associée au Rassemblement National ».

 

 

 

 

Mieux : Alain Vigier le sait. Les colistiers le lui ont dit les yeux dans les yeux. Ils l’ont exprimé lors d’une réunion tenue en ville dans la journée du lundi. Ils l’ont exprimé précédemment devant nous… et en présence Gibaud et Vigier. Là encore, la preuve existe : un enregistrement audio dans lequel on entend l’un d’eux le rappeler fièrement : «  Nous ne laisserons pas la ville au Rassemblement National… Pas aux extrêmes, non. On a vu comment ils gèrent les villes où ils ont gagné… ». Mais les conviction, c’est pour les naïfs…

 

Dans son post facebook, Alain Vigier nous reproche également de lui prêter des propos qu’il n’aurait jamais tenus. Mieux encore : nous lui aurions demandé une interview qu’il aurait refusée. Piqués au vif, nous aurions alors décidé d’inventer toute l’histoire. Le scénario est audacieux, presque hollywoodien.

 

Petit problème : là encore, les faits – et les preuves – racontent une toute autre histoire.

 

D’abord, Vigier n’a jamais été sollicité. À dire vrai, Le Correspondant, plus habitué aux affaires internationales qu’aux querelles de clocher, ne le connaissait même pas. Nous l’avons découvert le jour où il s’est invité lui-même dans un échange avec François Gibaud. Une apparition spontanée, façon figurant qui finit par prendre la scène. Il s’est même présenté comme le responsable de la sécurité… alors qu’il était responsable des locaux et des murs. On l’entendra d’ailleurs très clairement dans l’audio intervenir, donner son avis, apposer sa « patte »… sans que personne ne lui demande quoi que ce soit. Cerise sur le gâteau : contrairement à ce qu’il prétend aujourd’hui, Vigier ne disait pas vraiment du bien de Philippe Schreck. Bien au contraire.

 

Que racontait-il alors ?
Qu’il n’y a pas plus d’insécurité à Draguignan. Qu’on est dans la norme nationale. Que la culture est essentielle à Draguignan. Que le théâtre n’est pas financé par la ville, mais par l’agglomération.
Que la culture ne doit surtout pas être sacrifiées. Autrement dit : là où  Philippe Schreck plaide pour une croisade contre le culture, Vigier se pose en résistant. Là où il déballe ses chiffres explosifs sur l’insécurité – sortis on ne sait d’où –  Vigier lui colle au nez les statistiques de l’Etat, beaucoup plus nuancées.

 

Pour éviter toute querelle d’interprétation, nous publions donc l’extrait audio de cette intervention. Les Dracénois pourront juger par eux-mêmes.

 

 » Comment faire confiance à quelqu’un qui n’est jamais venu au Conseil municipal », François Gibaud

Dans cette même séquence, François Gibaud prend lui aussi la parole et taille une saillante djellaba à Philippe Schreck. Pas un compliment poli, non : une critique bien sentie, comme on en fait quand on n’imagine pas encore finir bras dessus bras dessous quelques heures plus tard. Là encore, la séquence mérite d’être réécoutée attentivement. Elle éclaire d’un jour assez cru la fusion éclair annoncée quelques heures plus tard.

 

Au final, l’épisode ressemble à une petite comédie politique locale :
des colistiers qui découvrent le mariage après la cérémonie,
un candidat accusé de trahison, et un compagnon de route qui crie au mensonge tout en laissant derrière lui une bande-son assez bavarde. Et pour couronner le tout, le chef de file de cette nouvelle alliance n’est autre que celui qui accusait récemment la ville de financer le théâtre. Accusation spectaculaire… sauf qu’aucun centime municipal n’entre dans les caisses du théâtre, comme l’a montré notre enquête.

Les Dracénois méritent mieux qu’un numéro de claquettes politiques. Ils méritent des faits. C’est précisément ce que continuera de faire Le Correspondant : vérifier, documenter et publier — même quand cela tousse un peu dans les rangs.

 

Et si, au passage, quelques mémoires sélectives se retrouvent confrontées à leurs propres paroles… disons que c’est la magie très simple de l’enregistrement audio

 

 

 

 

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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