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Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon, ou le « bon sens » en bottes de cuir

Olivier Galzi, nouveau maire d'Avignon, dans le Vaucluse
Olivier Galzi, nouveau maire d'Avignon, dans le Vaucluse

À Avignon, Olivier Galzi s’impose au nom du « bon sens » et tourne la page de douze ans de gestion socialiste. Une victoire serrée qui traduit surtout une lassitude sécuritaire et un désir de rupture.

 

Le 22 mars 2026 restera gravé dans les annales municipales d’Avignon : la ville des Papes bascule. Olivier Galzi, ancien présentateur du 20 heures sur France 2, divers droite sans étiquette partisane forte, s’installe à la mairie avec 40,62 % des suffrages, coiffant de justesse David Fournier (PS-LFI) et reléguant Anne-Sophie Rigault (RN) à 21 %. La victoire est étroite, mais elle marque la fin de douze ans de règne socialiste sous Cécile Helle, qui avait jeté l’éponge dès février 2025.

 

 

Douze années durant lesquelles Helle, géographe de formation et maire enjouée, avait tenté de réinventer Avignon à coups de cantines remunicipalisées, de tarifs de centres de loisirs divisés par deux et de rénovation culturelle tous azimuts. La ville brille côté Festival et patrimoine, mais s’éteint côté sécurité : fusillades en plein jour, narcotrafic ouvert dans les quartiers, et le tragique assassinat du brigadier Éric Masson en 2021 restent dans toutes les mémoires.

 

 

« Hub de l’islamisme » pour certains, « stigmatisation politique » pour d’autres, la Cité des Papes aura été le terrain d’un débat national sur la laïcité et l’intégration, sans qu’aucun rapport officiel ne vienne étayer les accusations les plus virulentes.

 

 

C’est dans ce climat de lassitude sécuritaire et de méfiance envers le politique traditionnel qu’émerge Olivier Galzi, l’homme qui a troqué les plateaux de télévision pour les bancs du conseil municipal. Né à Tunis de parents français, élevé à Avignon, diplômé de Sciences Po Grenoble et de l’École nationale d’administration publique à Québec, Galzi n’est pas un novice : journalistes, animateur de JT, polémiste assumé (on se souvient de sa comparaison du hijab à un uniforme SS en 2019), puis cadre dans le privé, il arrive sur le terrain politique comme on monte un plateau télé.

 

 

Sa campagne « Le bon sens pour Avignon » mise sur la sécurité, la propreté, l’attractivité économique et la rigueur budgétaire. Tout ce qu’on espérait depuis dix ans, mais qu’on n’avait pas osé formuler à voix haute.

 

 

La méthode est simple : doubler la police municipale, renforcer la vidéosurveillance, traquer le narcotrafic, soutenir les commerçants et faire briller le patrimoine. Une approche pragmatique et chiffrée, sans grands discours idéologiques, où chaque mesure semble sortie d’un manuel de gestion municipale appliquée. L’homme promet de « co-construire avec les citoyens », formule à la fois vague et galvanisante, digne d’un JT de campagne. Et les Avignonnais, las des compromis et des discours compassionnels, ont dit oui.

 

 

Mais derrière ce sourire rassurant de présentateur, derrière ce vernis de « bon sens », une question subsiste : saura-t-il tenir face aux réalités complexes d’Avignon, ville double, entre splendeur patrimoniale et quartiers populaires minés par la pauvreté et le narcotrafic ? Le succès de Galzi dépendra moins de son talent de communicant que de sa capacité à obtenir les renforts étatiques que réclamait déjà sa prédécesseure, et à composer avec une opposition de gauche coriace et un RN présent au conseil municipal.

 

 

Pour l’instant, l’ancien journaliste incarne la rupture promise : ni idéologue, ni apparatchik, juste le gestionnaire médiatique qui parle la langue du ras-le-bol sécuritaire. Mais les Avignonnais sauront vite si « tout commence avec vous » est une promesse ou un slogan prêt-à-penser pour écran géant.

 

 

Entre les coups de feu du quartier de la Rocade et les projecteurs du Festival, la ville devra choisir : le « bon sens » est-il le chemin du salut ou simplement le nouveau costume de la communication politique ? Olivier Galzi, ex-présentateur, devient ainsi maire, et Avignon reprend le chemin de l’expérimentation municipale. À suivre, avec une caméra et un carnet de notes à portée de main.

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