Un cortège haut en couleur, des slogans provocateurs, des pancartes potaches, puis des violences. Notre contributeur livre une lecture particulièrement acide de la manifestation de samedi. Un regard personnel, assumé et volontairement à contre-courant.
Aujourd’hui, j’ai eu le triste privilège de couvrir la manifestation de ces gens « tous affreux », comme les décrit la bien avisée Louise Montangon. Eux se voient-ils « tous beaux » ? En tout cas, ils se croient « tous drôles ».
Leur colère sociale ? Une posture de façade, à en croire ce que donne à voir le cortège. La réalité, c’est cinquante nuances de joie : joie potache et ricanante des bobos hilares, avant que la journée ne bascule, pour certains, dans la jubilation destructrice des casseurs. La fête, pour les uns ; les dégradations et les affrontements, pour les autres.
Carnaval et slogans en bandoulière
13 h 30, porte de Bagnolet. Ambiance carnaval, amplifiée par la date d’Halloween. Costume de requin, de Télétubbies, de Minion, de dinosaure. On n’est pas sérieux quand on a 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans. Toutes les générations de clowns sont là et ne font rire qu’elles-mêmes, pour l’instant. Le pays rira-t-il jaune demain, comme après les précédentes journées de mobilisation ?
Au mégaphone, une voix évoque « l’élection du parti nazi », « l’Holocauste » et annonce, dans le calme de cet après-midi ensoleillé : « La solution ne passera pas par des manifestations pacifiques. » Personne, autour de moi, ne semble particulièrement s’en émouvoir. Le ton est donné : ça sera bon enfant, mais plutôt enfant-tornade et enfant-tyran qu’enfant-chéri.
Laure, 32 ans, béate, brandit une pancarte : « Tasty Crousty antifascisti ». La créolisation culturelle fait un pas grâce à elle. Merci Laure.
Manifestation du 31 octobre à Paris
Du dadaïsme de cortège aux premières provocations
14 h 15. « ACAB ! ACAB ! » lance un gaillard d’une trentaine d’années. Les uns reprennent en chœur, les autres rigolent.
14 h 30. Quarante ans, beau gosse, cadre sup’ dans la communication, Paul tient une pancarte : « Moins de Bernard Arnault, plus de Bernard l’Hermite ». Louise Montangon a raison : il est affreux, ce beau gosse. Affreusement con, oui ! Absurde, irrationnel, le dadaïsme s’invite en manifestation et fait irruption sur le bitume. Le concours de calembours absurdes se poursuit : « Je suis fashion, pas facho ».
Hilares, ils perpétuent cette mine hallucinée, ravie et provocatrice héritée d’une certaine tradition de la contestation soixante-huitarde. La provocation par la blague, le pied de nez à l’autorité, la dérision érigée en mode d’expression politique. La photo d’un Daniel Cohn-Bendit défiant les CRS par la plaisanterie a fait des milliers d’émules. Ils ont rendez-vous sur les maréchaux.
Porte de Charenton, la fête tourne à la casse
Les casseurs ne viendront pas gâcher la fête. Du moins, pas tout à fait. Porte de Charenton, la manifestation change de visage. Les affrontements commencent. Des policiers et des journalistes sont pris pour cible. Les projectiles pleuvent. Des cocktails Molotov sont lancés. Pour ceux qui s’y livrent, la violence semble parfois relever du jeu, comme dans un jeu vidéo. Sauf que les blessures, elles, sont bien réelles.
Ils vouent à la destruction un culte qui n’a plus grand-chose à voir avec la revendication sociale du départ. Bienheureux les artisans du chaos : ils seront appelés fils de Robespierre, Trotsky, Staline, Pol Pot, Mao, Jean-Luc Mélenchon et Bozo.
Bobos, casseurs, pilleurs : ils ne sont évidemment pas interchangeables. Mais cette journée aura montré combien la dérision de certains peut côtoyer, dans un même cortège, la brutalité des autres. Et combien il est facile de passer de la contestation à la casse lorsque plus personne ne semble vouloir fixer de limites.
Bobos, casseurs, pilleurs : une même journée, plusieurs visages, et une bien étrange internationale de la joie mauvaise.
Girophares, matraques, canons à eau et gaz lacrymogènes.
La fête est finie.
Mais j’ai une dernière question : pourquoi les boutiques de luxe pourtant nombreuses et bien garnies à Saint-Tropez n’ont-elles fait l’objet d’aucun pillage au cours de ce « mouvement social » ? Est-ce qu’il pourrait y avoir un lien avec l’absence de bozos-bobos qui peuplent les cortèges pour ouvrir la voie à ceux qui poursuivent la « fête » autrement ?
Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !
Un cortège haut en couleur, des slogans provocateurs, des pancartes potaches, puis des violences. Notre contributeur livre une lecture particulièrement acide de la manifestation de samedi. Un regard personnel, assumé et volontairement à contre-courant.
Six jours seulement avant le drame de Trappes, une vidéo relayée par le député RN Philippe Schreck suscitait, dans son fil de commentaires, une déferlante de propos d’une extrême violence : comparaisons racistes, amalgames visant les musulmans, appels à voter RN, fantasmes d’épuration et jusqu’à des appels à faire usage d’armes à feu. L’examen de ces échanges révèle une accumulation particulièrement préoccupante.
Au Rassemblement national, les collaborateurs ont décidément le sens des priorités. Pendant que les uns rédigent laborieusement des amendements et que les autres peaufinent des
Tirana s’enfonce chaque soir un peu plus dans un brouillard de gaz lacrymogène et d’artifices traçants. Sur les grands boulevards de la capitale, la jeunesse albanaise, flanquée d’une opposition aux abois, ne réclame plus de réformes de façade ni de baisse de frais de scolarité : elle exige, d’une seule voix exaspérée, la démission pure et simple d’Edi Rama.
Un cortège haut en couleur, des slogans provocateurs, des pancartes potaches, puis des violences. Notre contributeur livre une lecture particulièrement acide de la manifestation de samedi. Un regard personnel, assumé et volontairement à contre-courant.
Six jours seulement avant le drame de Trappes, une vidéo relayée par le député RN Philippe Schreck suscitait, dans son fil de commentaires, une déferlante de propos d’une extrême violence : comparaisons racistes, amalgames visant les musulmans, appels à voter RN, fantasmes d’épuration et jusqu’à des appels à faire usage d’armes à feu. L’examen de ces échanges révèle une accumulation particulièrement préoccupante.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.