Sur France 3, Philippe Schreck a annoncé sa candidature et expliqué pourquoi il ne vient pas au conseil municipal. À la mairie, même son courrier ne le voit plus
Philippe Schreck n’a jamais été fan des réunions soporifiques. Mercredi soir, sur France 3 Région, pour officialiser sa candidature à la mairie de Draguignan, il a d’abord sorti la pirouette : « Les mardis, jours du Conseil, je suis retenu par mes activités de député. » Puis la chute, brute et sans détour : « Le conseil municipal n’est pas intéressant ». Inutile. En clair : tant qu’il n’est pas aux commandes, la vie de la cité peut attendre.
Ni vu, ni lu
Le lendemain matin, la réalité administrative locale a tenu à apporter une précision matérielle à cette profession de foi. À la mairie de Draguignan, dans l’alignement impeccable d’une douzaine de boîtes aux lettres réservées aux élus municipaux, une seule détonne. Celle de Philippe Schreck. Elle ne déborde pas un peu. Elle déborde franchement. Enveloppes tassées, courrier compressé, boîte obèse — le mot n’est pas trop fort — quand toutes les autres sont vides. Ou presque.
Interrogées, les agentes de l’accueil ne semblent ni surprises, ni embarrassées. « C’est du courrier non prélevé », lâche l’une. Depuis quand ? « Ça fait longtemps. » Très longtemps même, à en juger par l’état de saturation avancée. « On ne l’a jamais vu », glisse une autre, confirmée par un hochement de tête qui vaut procès-verbal.

Ainsi donc, il n’y aurait pas que le conseil municipal qui serait « inutile » ou « inintéressant ». Manifestement, les courriers des administrés aussi. Courriers administratifs, invitations officielles, convocations, correspondances diverses — et peut-être même, qui sait, quelques lettres de doléances ou de protestation — tout cela attend, patiemment, un élu trop occupé pour ouvrir sa boîte.
Schreck en haute définition
L’argument avancé la veille sur France 3 en prend un sérieux coup. Car le problème n’est pas l’agenda du mardi soir. Le problème semble plus global : l’absence prolongée, conseil ou pas conseil. La politique de la chaise vide.
Ironie de l’histoire : dans sa vidéo de lancement de campagne publiée sur Facebook, Philippe Schreck se la joue « proche du peuple ». À Draguignan, le peuple écrit encore. Il écrit même beaucoup. Simplement, il n’est pas lu.
À ce rythme, la seule chose qui risque d’exploser avant la campagne municipale, ce n’est pas le débat démocratique. C’est la boîte aux lettres.
Article modifié à 16h38





