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« Maréchal, nous voilà ! » à Carpentras

Hervé de Lépinau, 56 ans, avocat, RN, maire de Carpentras (Vaucluse)
Hervé de Lépinau, 56 ans, avocat, RN, maire de Carpentras (Vaucluse)

À Carpentras, la commémoration du 8-Mai a connu un sérieux faux pas sonore : un chant associé au régime de Vichy a brièvement retenti dans les haut-parleurs municipaux, transformant le recueillement en malaise collectif.

 

À Carpentras, on pensait avoir déroulé un 8-Mai classique : discours, drapeaux, mine grave et minute de silence bien synchronisée. Et puis, à 17h30, les haut-parleurs municipaux ont décidé de changer de registre. Au programme : Maréchal, nous voilà !. Oui, celui-là.

La mairie découvre la playlist… après diffusion

Première réaction côté mairie : “ce n’est pas nous”. Classique. C’est le prestataire. C’est la playlist. C’est un fichier ancien. Bref, c’est personne, mais ça joue quand même dans les enceintes.

Le maire Hervé de Lépinau du Rassemblement National finira pourtant par confirmer la diffusion. Mais sans intention. Sans validation. Sans, surtout, vouloir endosser le morceau. Traduction politique : ça a joué tout seul, comme un grille-pain mal configuré.

Le prestataire s’excuse, mais doucement quand même

La structure RTV FM parle d’une erreur de séquence : un programme intitulé “Le bal de la Libération” dans lequel se serait glissé, malencontreusement, le fameux chant. “Diffusion accidentelle”, “titre inapproprié”, “aucune intention”. En résumé : personne n’est responsable, mais le résultat est là.

Le vrai sujet : une erreur impossible à ne pas voir

Difficile de résumer ça à une simple maladresse technique. Maréchal, nous voilà ! n’est pas une musique neutre qu’on confond avec une autre. C’est un marqueur historique lourd, associé au régime de Philippe Pétain. Donc forcément, entendre ça en plein 8-Mai, dans une mairie RN, même quelques secondes, ça ne passe pas comme une “petite erreur audio”.

Dans une ville comme Carpentras, chaque maladresse symbolique prend un relief particulier. Pas besoin d’en faire des tonnes : ici, la mémoire n’est pas abstraite. Elle est sensible, politique, parfois inflammable. Et ce genre de diffusion, même brève, suffit à transformer une cérémonie en incident.

Beaucoup trop de silence après

La mairie promet des vérifications. Le prestataire promet des excuses. Tout le monde promet que ça ne se reproduira pas. C’est la routine après ce type d’épisode : on coupe le son, puis on coupe court à la responsabilité.

Mais une chose reste assez simple : le 8-Mai est censé raconter la fin d’un régime. Pas rappeler, même par accident, sa bande-son.

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