À deux pas de la signature, Donald Trump a choisi la force, alors que toutes les parties validaient un plan de « zéro accumulation » nucléaire. Révélation de Badr bin Hamad Al Busaidi, médiateur omanais, qui a mené les négociations avec les émissaires américains et iraniens.
La guerre Iran–États-Unis/Israël en 2026 débute comme toujours sous un parfum âcre de légitime défense. À sa tête, Donald Trump, casquette vissée et sourire figé, brandit l’argument suprême : la menace nucléaire iranienne. Ou plutôt : le projet supposé de Téhéran de se doter d’un arsenal capable de rayer Washington et Tel Aviv de la carte.
Et l’Iran ? Figé. Sourd aux appels. Fermé à la négociation. Les rounds diplomatiques – Mascate, Genève, Vienne – semblaient n’être que des façades, un dialogue de sourds pendant que les centrifugeuses tournaient.
Mais un homme vient fissurer le décor.
Le 27 février 2026, dans un studio de CBS à Washington, Badr bin Hamad Al Busaidi, ministre des Affaires étrangères d’Oman et médiateur infatigable, s’assoit face à Margaret Brennan sur Face the Nation. Avec un calme olympien, il lâche la bombe :
« L’Iran n’aura jamais, au grand jamais, de matériau nucléaire capable de fabriquer une bombe. Zéro accumulation. Zéro stock. Le stock existant sera dilué, converti en combustible irréversible. Vérification totale et permanente. »
C’était inédit. Historique. La diplomatie venait de tenir Téhéran par la main, à un doigt de la paix. Les détails étaient limpides : enrichissement limité à bas niveau pour usages civils, contrôle renforcé par l’AIEA, inspections américaines possibles. Le texte final n’attendait plus que quelques points techniques sur les sanctions et l’enrichissement symbolique.
Derrière ces mots : des semaines de négociations sous tension. Trois sessions clés : Mascate début février, Genève le 17, puis de nouveau Genève le 26. Des émissaires américains – Steve Witkoff, Jared Kushner – échangeaient indirectement avec Abbas Araghchi, ministre iranien. Chaque phrase, chaque virgule, pesée. Oman faisait la navette, traduisant, clarifiant, rapprochant les lignes rouges. L’ouverture iranienne sur le cœur du dossier – empêcher toute trajectoire vers l’arme nucléaire – n’avait jamais été aussi nette.
Le 27 février, le monde semblait suspendu. Un accord historique était à portée de main. La diplomatie avait presque gagné.
Puis, le 28 février au matin, tout bascule. Des frappes massives américano‑israéliennes rasent les sites nucléaires restants, fauchant Ali Khamenei et plusieurs hauts commandants. L’Iran riposte sur Israël et les bases américaines, et les combats se propagent à travers le Moyen‑Orient avec des tirs de missiles, des drones et des attaques sur des infrastructures civiles et militaires, provoquant déjà des centaines de morts et de blessés chez toutes les parties.
Oman dénonce une violation flagrante des négociations en cours. Trump, qui la veille encore lançait des piques diplomatiques (« Nous ne sommes pas exactement heureux de la façon dont ils négocient »), a préféré la force, déclenchant une spirale d’escalade régionale plutôt que d’attendre 48 heures.
La question initiale — un accord en voie de finalisation — appartient désormais à un autre temps. Il y a deux jours encore, un mécanisme de « zéro accumulation » semblait pouvoir limiter les risques. Aujourd’hui, ce qui s’accumule n’est plus l’uranium : ce sont les cercueils.






