À trois mois des municipales, le tramway niçois ne se contente plus de transporter des voyageurs : il transporte désormais des promesses. Mercredi, Christian Estrosi a sorti de sa besace de campagne un ticket doré pour les seniors : la gratuité totale des transports pour les retraités. Peu importe l’âge, peu importe les revenus. À la retraite ? Montez, c’est offert. Jusqu’en mars, du moins.
Annoncée à deux pas de l’hôtel de ville, la mesure se veut « pragmatique » et « humaine », face à la précarité grandissante des seniors. Mais la gauche ne s’y trompe pas : la gratuité des transports figure depuis longtemps dans son programme, et Juliette Chesnel-Le Roux ne se prive pas de le rappeler. Une idée déjà sur la table, recyclée à la sauce Estrosi.
Le maire assume : pas question de généraliser la gratuité, comme à Montpellier. Ici, la mesure est calibrée, ciblée, et touche 150 000 retraités. Un détail démographique qui, comme par hasard, tombe à point nommé pour la campagne.
D’autant que l’addition reste raisonnable : sur les 44 000 seniors abonnés aujourd’hui, deux tiers ne paient déjà rien grâce aux critères sociaux. La nouveauté est surtout politique : transformer une mesure existante en promesse flambant neuve. Une forme de recyclage urbain façon Estrosi, en somme.
Pour compléter le tableau, le maire annonce que le tramway circulerait toute la nuit le week-end. Une attention délicate pour les noctambules et un clin d’œil à ceux qui apprécieront de voyager sans contrainte horaire. Trois lignes aujourd’hui, deux autres demain, 117 millions de trajets l’an dernier : le réseau niçois se développe, et la gratuité suit son petit bonhomme de chemin, subtilement alignée avec le calendrier politique.
En somme, à Nice, les rames avancent, les promesses s’affichent, et les retraités peuvent compter sur un tramway… presque aussi généreux que la campagne : il ne manque plus qu’un wagon aux couleurs du parti.






