Donald Trump durcit le ton contre l’Algérie en imposant de nouvelles restrictions de visas aux ressortissants algériens. Dans le même temps, le président américain relance l’affaire Imane Khelif à l’approche des Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
L’Algérie se retrouve, en ce début d’année 2026, au croisement de deux dossiers sensibles à Washington : l’immigration et le sport. L’administration Trump a annoncé de nouvelles restrictions sur les visas visant directement les ressortissants algériens, pendant que le président américain remet sur le devant de la scène une controverse autour d’Imane Khelif, championne olympique algérienne de boxe.
Visas : une caution pouvant aller jusqu’à 15 000 dollars
À compter du 21 janvier 2026, certains Algériens sollicitant un visa de court séjour pour les États-Unis devront s’acquitter d’une caution financière comprise entre 5 000 et 15 000 dollars. Cette somme, remboursable en cas de respect strict des conditions de séjour, est officiellement destinée à lutter contre les dépassements de visa.
L’Algérie figure parmi les 25 nouveaux pays ajoutés à une liste élargie qui en compte désormais 38, contre 13 auparavant. Y apparaissent notamment l’Angola, le Bangladesh, le Bénin, le Burundi ou encore le Cap-Vert. Selon l’administration américaine, ces États présentent des « risques migratoires élevés » fondés sur des données statistiques internes.
Dans le Maghreb, l’Algérie est pour l’instant le seul pays concerné. Le Maroc et la Tunisie n’apparaissent pas sur la liste. Pour de nombreux demandeurs, le montant exigé représente plusieurs années de revenus, transformant de facto l’accès au visa en parcours dissuasif.
Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, dénoncent une mesure socialement discriminatoire, susceptible de freiner les échanges universitaires, culturels et économiques, sans distinction entre voyageurs réguliers et candidats à l’irrégularité.
Dans le viseur de Trump
En parallèle de ce durcissement migratoire, Donald Trump a relancé publiquement la controverse autour d’Imane Khelif. La boxeuse algérienne, médaillée d’or aux Jeux olympiques de Paris en 2024, a encore été qualifiée par le président américain d’un ‘homme qui a changé de sexe », » un bon boxeur, mais il a choisi de devenir femme », ou encore d' »un homme-femme qui a gagné la médaille d’or ».
Prononcés ce 6 janvier, ces propos interviennent au moment où des discussions diplomatiques sont évoquées autour de sa participation aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles. Selon plusieurs sources diplomatiques, Alger aurait engagé des démarches auprès de Washington afin de garantir l’accès de son athlète au territoire américain en tant que championne olympique en titre.
La position de Trump s’inscrit dans le prolongement d’un décret exécutif signé en février 2025 interdisant la participation d’athlètes transgenres dans les compétitions féminines organisées aux États-Unis. Ce texte a été soutenu par des plaintes de l’International Boxing Association contre le Comité international olympique, citant notamment les cas d’Imane Khelif et d’une autre boxeuse.
Des accusations démenties, une médaille maintenue
Imane Khelif a rejeté ces accusations dès mars 2025, affirmant publiquement ne pas être transgenre et ne pas se sentir concernée par ces débats. Elle a confirmé son intention de défendre son titre à Los Angeles.
Sur les réseaux sociaux, le sujet continue de polariser. Des comptes proches de Donald Trump appellent à son exclusion, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation politique du sport et des biais culturels persistants à l’encontre des athlètes africains.
Immigration, sport et tensions diplomatiques
Ces deux dossiers illustrent la ligne dure assumée par l’administration Trump sur les questions migratoires et sociétales, à l’approche des Jeux olympiques de 2028. Un groupe de travail fédéral a été mis en place pour superviser l’événement, avec un renforcement annoncé des contrôles d’éligibilité des athlètes et des conditions d’entrée sur le territoire américain.
Côté algérien, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. En coulisses, plusieurs sources évoquent toutefois une crispation croissante, la question des visas et celle d’Imane Khelif risquant de peser sur les relations bilatérales dans les mois à venir.
À deux ans des Jeux de Los Angeles, l’Algérie découvre ainsi que, sous l’ère Trump, immigration, sport et diplomatie avancent désormais dans la même direction — et rarement dans le sens de l’apaisement.






