Le Correspondant

Philippe Schreck (RN) se lance à Draguignan : plus de policiers que de bibliothécaires

Philippe Schreck, député RN réelu au premier tout des législatives

Le Correspondant l’avait déjà soufflé fin décembre, mais maintenant c’est officiel : Philippe Schreck, député RN de la 8ᵉ circonscription du Var, officialise sa candidature à la mairie de Draguignan ce soir sur France 3 région. Son programme tient en un mot — ou plutôt trois, pour être sûr que personne ne s’y trompe : sécurité, sécurité, sécurité. 

 

Face au journaliste de France 3, le suspense était quasi nul. Schreck a d’abord bégayé : « Parce que les Drag… ». Puis il se reprend : « Parce que les Dracénois veulent du changement. Oui, je suis candidat »

 

Ensuite, l’homme s’est prêté au jeu des questions-réponses. Un exercice un peu particulier où chaque question ne servait qu’à déclencher des réponses soigneusement préparées. Nouvelle police municipale ? « Priorité absolue. » Réfection des écoles ? « C’est dans le programme. » Embellissement du centre-ville ? « Incontournable. » Traduction : tout ce que Strambio laisse traîner sera fait… et en double exemplaire, juste pour bien montrer que lui, il agit.

 

Et la culture, dans tout ça ? Schreck tranche avec une honnêteté brute : « La culture est importante, mais tout ne sera pas mis dans la culture. Il nous faut des budgets sur la sécurité… et le reste. » Traduction : la culture est importante — mais pas prioritaire. Au RN, un bon policier à la dracénoise vaut toujours mieux qu’un mauvais poète.

 

Pour les déchets, autre sujet inflammable, Schreck promet « quelque chose de concerté », expression passe-partout censée faire moderne sans rien engager. Quant à son absence récurrente au conseil municipal, elle est recyclée en argument de campagne : « Souvent, le mardi, je suis retenu… » Et, clin d’œil cynique, il lâche : « Le conseil n’est pas d’une grande utilité ». Un peu comme la vie des administrés, bons à jeter un coup d’œil juste avant les élections. Du tri sélectif, en somme.

 

Mais rassurez‑vous : s’il est élu, promet-il, il claque tout : le fauteuil de député, le salaire de 7 600 €, les trains gratuits, le costard trois pièces. Après tout, la vraie promotion est à la mairie : dans le tri des déchets, les poubelles municipales et les conseils à rallonge. Dans ce lieu qu’il connaît par cœur… surtout les jours où il n’y met jamais les pieds.

 

Bref, la campagne peut donc démarrer sur des slogans recyclés, une stratégie limpide et un message clair pour les Dracénois : priorité aux policiers, aux pavés et aux écoles. Le reste — bibliothèques, théâtres et expositions — n’est qu’un détail décoratif, secondaire face à l’urgence sécuritaire. On se doute déjà que, dans ses meetings, les questions sur la culture tomberont… au rayon des avis non sollicités, entre les guides de sécurité et des plans de circulation.

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