Le Correspondant

Delhi et Islamabad jouent à qui perd gagne

Après l’attentat meurtrier du 22 avril dans le Cachemire indien, l’Inde et le Pakistan se renvoient bombes et accusations. Les diplomates tremblent, les Rafale tombent, et le monde retient son souffle.

 

Aux dernières nouvelles, les tensions entre l’Inde et le Pakistan viennent de passer de la routine conflictuelle au cocktail nucléaire potentiel. La nuit du 6 au 7 mai a vu la terre trembler sous les frappes indiennes sur des sites pakistanais, officiellement pour détruire des « infrastructures terroristes ». Réplique immédiate : Islamabad riposte par des tirs d’artillerie et revendique la destruction de cinq avions indiens, dont trois Rafale flambant neufs. Un gâchis militaire ou un message subliminal sur les risques d’acheter français ?

 

Tout commence par l’attaque du 22 avril, à Pahalgam, dans le Cachemire indien, faisant 26 morts. Deux semaines plus tard, New Delhi décide de répondre, missiles à l’appui, en visant des camps terroristes présumés de l’autre côté de la frontière. En réaction, le Pakistan accuse l’Inde de viser également des infrastructures civiles, notamment le barrage de Neelum-Jhelum. En somme, le cocktail parfait : terrorisme, représailles et une pincée d’ingénierie hydraulique.

 

Pendant que les diplomates transpirent et que les généraux peaufinent leurs stratégies d’intimidation, les civils comptent les morts. Le Pakistan fait état de huit victimes civiles dans la nuit. De leur côté, les Indiens, pour une fois, admettent la perte de trois avions sans trop en dire sur les détails. Un goût amer de défaite dissimulée sous un patriotisme martial ?

 

Sur la scène internationale, c’est l’effroi. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, tente la méthode Coué : « éviter toute escalade », dit-il. La Chine se propose en médiatrice. La Turquie condamne fermement l’Inde, fidèle à sa diplomatie tonitruante. Berlin, plus pragmatique, ouvre une cellule de crise. Londres, pour ne pas rester en reste, se déclare « prêt à intervenir » diplomatiquement, en espérant que la guerre nucléaire attendra le prochain G7.

 

Le Premier ministre pakistanais parle de « violation manifeste de la souveraineté », tandis que New Delhi, l’air de rien, se dit légitime à défendre sa sécurité nationale. Les deux pays assurent néanmoins vouloir éviter l’escalade nucléaire, ce qui rassurera les experts en stratégie comme les marchands de riz. Car au milieu de ce capharnaüm géopolitique, la Malaisie anticipe déjà des perturbations dans ses importations de riz indien et pakistanais. Et si cette guerre atomique dégénérait en crise alimentaire, on aura au moins appris une chose : quand deux géants jouent aux missiles, c’est l’agriculture mondiale qui trinque.

 

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