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Saint-Pierre-et-Miquelon : les Maldives de l’OQTF

C’était censé être un coin paumé pour punir les mauvais élèves de la République. C’est devenu une campagne de pub digne d’un spot pour la Bretagne en novembre. Quand Laurent Wauquiez a eu l’idée lumineuse d’« enfermer » les étrangers sous OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon, l’archipel n’a pas pleuré. Il a ri. Et répondu par une opération séduction qui pourrait bien attirer plus de Parisiens burn-outés que de clandestins récalcitrants.

 

Baptisée « 146 jours de pluie, 365 jours de bonheur », la riposte locale sent bon le crachin revanchard et la vanne salée. Avec au programme : « sécurité totale, nature brute, plein emploi et calme olympien ». Bref, un enfer pour Wauquiez, un paradis pour les bobos.

 

Et puisque l’énarque au flair législatif douteux s’est appuyé sur l’acronyme OQTF pour jouer les architectes du bagne climatique, l’archipel a décidé de le recycler façon slogan d’agence de voyages :

 

  • On Quitte Tout Facilement,
  • On vient en Quête de Tranquillité Familiale,
  • ou encore Ouvriers Qualifiés pour Travailler dans le Froid.

À ce rythme, même les pingouins vont demander la nationalité.

 

Mais qui a eu cette idée brillante ? C’est la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon qui a dégainé la punchline en premier, emmenée par son président, Bernard Briand, plus prompt à dégainer l’humour que les barbelés. « Notre territoire a subi deux bad buzz en deux semaines : d’abord Donald Trump et ses droits de douane, puis Laurent Wauquiez. Il fallait bien qu’on redresse un peu l’image », a soufflé son entourage, visiblement plus doué pour le marketing territorial que pour la gestion des crises migratoires.

 

Le communiqué, poétique à souhait, conclut avec une claque déguisée en alexandrin :

« Envoyer quelqu’un ici pour le punir, c’est comme exiler un peintre dans la lumière, un poète dans le silence, un amoureux dans la beauté. »

 

Pas sûr que Wauquiez soit familier avec le concept de beauté insulaire, lui qui vend la bruine locale comme une punition divine. « Il fait 5 degrés, 146 jours de pluie, ça va faire réfléchir », a-t-il glissé.

 

À Saint-Pierre-et-Miquelon, on a donc décidé de prendre le contre-pied. Résultat : une campagne feel-good, un site web (vivre-a-spm.fr) et une promesse de slow life loin des débats hystérisés de la métropole. « Ici, tout est à proximité, l’insécurité n’existe pas, la nature est à 200 mètres et le rythme de vie est assez canadien », glisse-t-on, avec un soupçon d’accent salin.

 

Moralité : pendant que certains veulent y envoyer des gens pour expier, d’autres y vont pour respirer.

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