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La roulette russe de Deschamps : le pari qui a mal tourné

Le score de 6–4 est un pur produit de fête foraine, mais le naufrage est bien réel. À Miami, pour cette petite finale qui avait tout du match de trop, Didier Deschamps a décidé de jouer à la roulette russe. En visant le plafond pour faire sensation, le sélectionneur a fini par se tirer une balle dans le pied.

Dès le coup d’envoi, la composition d’équipe interroge. Deschamps lance Doué et Cherki dans le grand bain, une révolution de casting qui laisse tout le monde pantois. L’idée est de secouer le cocotier, de donner du temps de jeu et de tenter une audace tactique. La réalité est une exécution en règle.

Dès la 3ᵉ minute, Rice ouvre le bal. À la 18ᵉ, Konsa enfonce le clou. Le doublé de Saka (37ᵉ, 45ᵉ+1) scelle une première période de cauchemar : 4–0. La défense française est une passoire, le milieu est aux abonnés absents, et les joueurs errent sur la pelouse comme des fantômes. C’est la débâcle totale, une séquence où chaque tentative du sélectionneur se retourne contre lui.

La seconde période : la révolte

À la pause, Deschamps fait le ménage : quatre changements d’un coup. Le staff abandonne le pari initial pour revenir au classique, au pragmatisme. Le résultat est immédiat. Libérés, conscients de l’humiliation, les Bleus affichent un visage conquérant.

Pendant 45 minutes, l’équipe de France se métamorphose. Quatre buts inscrits, une intensité retrouvée, un jeu vertical qui fait enfin vaciller les Anglais. Les remplaçants du début laissent place à une révolte collective. En seconde période, les Bleus dominent les Anglais, prouvant que le talent était largement suffisant pour sauver l’honneur.

Pourquoi ce grand écart ?

Une question brûle les lèvres dans les tribunes de Miami : pourquoi ? Pourquoi ce choix tactique si risqué en première période pour procéder à quatre changements radicaux dès le retour des vestiaires ?

Ce remue-ménage signe la fébrilité d’une fin de règne. Échaudé par les critiques après le match contre l’Espagne, Deschamps a cherché à tester une nouvelle configuration pour son propre héritage, en espérant que les cadres viendraient sauver les meubles après une entame audacieuse. En voulant piloter sa sortie et prouver quelque chose aux détracteurs, le sélectionneur a sacrifié quarante-cinq minutes de jeu et le collectif.

Le football reste une bête indomptable qui ne se laisse pas mettre en boîte par un scénario écrit à l’avance. Cette défaite 6–4, avec son contraste saisissant entre les deux mi-temps, restera le portrait d’un homme qui, en voulant protéger sa sortie, a fini par orchestrer le plus chaotique des adieux.

Reste une petite musique pour nous consoler : Mbappé finira peut-être par être le meilleur buteur de l’histoire de la coupe du monde avec 10 buts au compteur.  Confirmation (ou pas)  demain, après la finale qui opposera l’Espagne à l’Argentine.

Leco en image

Full Moon

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