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Le Correspondant

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Bolloré, le facteur très spécial de la République

C’est une valise dont on parle peu dans les dîners en ville, mais qui voyage beaucoup. Selon le Canard enchaîné, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le groupe Bolloré ne se contente pas de faire la pluie et le beau temps sur les ondes de CNews. L’empire breton joue aussi les coursiers de luxe pour la France.

Quand les diplomates doivent envoyer leurs secrets, leurs passeports vierges ou leurs objets fragiles vers les ambassades du monde entier, le choix de l’opérateur interpelle. L’État confie ses bijoux de famille logistiques à un homme d’affaires dont la fibre patriotique s’avère parfois à géométrie variable.

La « valise diplomatique » n’est pas un bagage ordinaire. C’est un trésor sacré, protégé par la Convention de Vienne, inviolable et scanné sous haute surveillance. Le groupe du milliardaire, via ses filiales logistiques habituées à transporter tout ce qui flotte ou vole, s’adjuge régulièrement la précieuse mission.

De contrats en accords-cadres, la note se chiffre en millions d’euros. Si le montant ne fait pas trembler le CAC 40, il assure une jolie régularité dans les caisses. Les autorités assurent que tout est carré, légal et transparent. Les appels d’offres seraient suivis à la lettre et le savoir-faire incomparable. Dans l’Hexagone, le talent logistique semble être une spécialité bretonne.

Le fioul, les médias et la diplomatie

Bolloré ne s’arrête pas à la messagerie. Avec sa branche Bolloré Energy, le groupe abreuve en gazole et en fioul la machine administrative : hôpitaux, mairies et diverses administrations. Le contribuable pompe, Bolloré encaisse. Un partenariat « stratégique » selon les services de l’État.

La question posée par l’hebdomadaire est simple : est-il bien raisonnable de confier les tuyaux de la diplomatie à un homme qui possède une écurie médiatique dont les éditorialistes semblent parfois plus proches de Moscou que du Quai d’Orsay ?

Le pouvoir reste imperturbable. Sous Macron comme avant, la valise continue de circuler. Malgré la vente d’une partie des activités de transport à CMA CGM, le lien demeure inoxydable. Dans les hautes sphères, les officiels appellent cela de la « continuité ». Pour le citoyen curieux, cela ressemble à un mélange des genres dont la République a le secret.

Circulez, il n’y a rien à voir. Surtout dans la valise.

Leco en image

Full Moon

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