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Trump, Prix Nobel de la paix… rentable

Chaque semaine, Le Correspondant interroge une personnalité fictive qui dit tout haut ce que d’autres pensent très bas – ou qu’ils n’oseraient même pas murmurer. Aujourd’hui, Donald Trump, futur Prix Nobel de la paix qui rêve de son trophée en costume doré, nous révèle sa vision d’un monde transformé en franchise Trump. À sa manière : mégalo, clinquante, et presque réaliste.

Tout ce qui suit est faux, sauf ce que vous avez cru vrai.

 

 

LeCo — Monsieur Trump, félicitations pour cet improbable futur Prix Nobel de la paix, une distinction… disons, surprenante. Comment l’accueillerez-vous ?

 

Trump — Comme tout ce qui m’arrive : avec grandeur. Ce Nobel, c’est juste une confirmation de ce que je sais depuis toujours. Je suis un homme de paix, la vraie, la rentable. Pas comme ces hippies qui chantent autour d’un feu avec des guitares désaccordées. Moi, c’est la paix avec style : jets privés, costumes sur mesure, et des cheveux qui défient la gravité. Les gens qui disent que je crie ? Fake news absolu. Je murmure la paix, je la caresse comme un contrat en or, et je la fais briller comme la Trump Tower.

 

LeCo — Pourtant, vous vous êtes opposé à la reconnaissance d’un État palestinien à l’ONU.

 

Trump — Bien sûr ! La paix, ce n’est pas découper des territoires comme une pizza quatre fromages. Gaza ? J’ai une vision : le Las Vegas du Moyen-Orient. Des casinos, des fontaines dorées, des Trump Resorts avec piscines à débordement. Plus de conflits, juste des touristes qui dépensent. Un cimetière, c’est paisible, non ? Eh bien, moi, je fais mieux : un cimetière avec du Wi-Fi et des cocktails signature. Personne ne râle quand il y a un buffet à volonté.

 

LeCo — Vous parlez d’un territoire vidé de ses habitants…

 

Trump — Exactement ! Moins de complications, plus de profits. J’organise un méga-concert pour célébrer. J’ai déjà le chanteur : ce Belge qui peut hurler « T’es où, papa, ou t’es ? » T’es où, maman, ou t’es ?. Parfait pour l’ambiance. Ça sera l’hymne de la Trump Peace Experience. Des néons, des selfies devant mes hôtels, et des margaritas à 50 dollars. La paix, c’est quand tout le monde est trop occupé à consommer pour se plaindre.

 

LeCo — Et pour l’Ukraine, votre vision de la paix ?

 

Trump — Simplissime, comme tout ce que je touche. On rase tout, on reconstruit des Trump Towers, et on envoie la facture. À Zelensky, à l’ONU, peu importe. Ils paieront, croyez-moi. La paix, c’est du business. Moins de gens, plus de place pour mes golfs 18 trous. J’ai déjà le slogan : « Trump Peace Plan : où la guerre s’arrête, les profits commencent. » Et devinez qui est mon consultant ? Mon vieil ami Vladimir. Lui, il sait gérer l’espace. Il agrandit son pays pour que les Russes aient plus de place au kilomètre carré. Un visionnaire ! On se ressemble, lui et moi. Des hommes de paix, des vrais.

 

LeCo — Vous parlez de Poutine comme d’un allié. Pourtant, il est souvent critiqué pour ses méthodes…

 

Trump — Critiqué ? Par qui ? Les jaloux ? Les médias ? Vladimir, c’est un type sociable, proche des gens. Il prend un peu de territoire ukrainien, juste pour se rapprocher, pour tisser des liens. C’est comme inviter ses voisins à un barbecue, mais avec des tanks. Moi, je fais pareil, mais avec des grues et des pancartes « Trump ». La paix, c’est quand tout le monde sait qui est le patron. Et qui se ressemble s’assemble, non ? Donc, si je m’entends avec un homme de paix comme Vlad, eh bien, je suis un homme de paix. Logique.

 

LeCo — Et Emmanuel Macron ?

 

Trump — Macron ? Ce type ? Pff. Il se fait engueuler par sa femme devant tout le monde. Vous avez vu Brigitte ? Elle lui donne des gifles, et il dit « Oui, chérie ». Un homme qui se fait gronder ne peut pas parler de paix. Moi, je suis respecté. Mes femmes sourient, mes enfants gèrent mes casinos, et mes médailles brillent comme des lustres en cristal. Macron, il parle de paix, mais il s’engueule avec son ministre de l’Intérieur, avec l’Allemagne, avec tout le monde. Moi, je construis des murs, des hôtels, des rêves. Ça, c’est la paix.

 

LeCo — Parlons immigration. Vous dites que la paix, c’est « chacun chez soi ». Pouvez-vous expliquer ?

 

Trump — Absolument, et c’est du génie pur. La paix, c’est chacun chez soi. Chaque femme à son mari – ou à ses maris, si c’est un de mes ex, mais bon – chaque pays à son peuple, et chaque peuple à sa merde. Pas de mélange, pas de chaos. Donc, je mets des murs. Des grands, des beaux, des murs Trump. Au moins, comme ça, c’est visible. Vous n’avez pas de murs chez vous, qui vous séparent du voisin ? Bien sûr que si ! Sinon, il viendrait piquer votre barbecue. Moi, j’ai une meilleure idée : un grand mur, avec des néons, des logos, et des escalators pour les selfies payants. Les Mexicains ? Ils paieront pour le construire, et ils paieront pour le visiter. C’est la paix rentable.

 

LeCo — Mais alors, pourquoi l’Amérique va-t-elle ailleurs ? Afghanistan, Iran, Irak… N’est-ce pas contradictoire ?

 

Trump — Contradictoire ? Pas du tout ! Écoutez, c’est différent. L’Amérique ne va pas chez les autres. L’Amérique est chez elle, partout. Chez elle en Afghanistan, chez elle en Irak, chez elle en Iran – enfin, bientôt. Vous comprenez ? Le monde entier, c’est comme une extension de mon backyard. On va là-bas pour arranger les choses, pour exporter la paix Trumpienne. On rase un peu, on reconstruit des Trump Resorts, et hop, la paix. En Afghanistan ? J’aurais fait un golf géant, avec des bunkers naturels – littéralement. En Irak ? Des hôtels avec vue sur le pétrole. Pas de guerre, juste du business. L’Amérique n’envahit pas, elle étend son salon. C’est comme quand je construis une tour : je ne vole pas le terrain, je le rends meilleur. Avec moi, le monde est une franchise Trump.

 

LeCo — Et les droits de douane, comment s’inscrivent-ils dans votre vision de la paix ?

 

Trump — Les droits de douane, c’est du pur génie, comme tout ce que je fais. C’est tellement vrai que certains pays ne s’en plaignent même pas ! Prenez l’Algérie, par exemple. Ils ont dit que ça n’influe pas sur leur économie. Pourquoi ? Parce qu’ils n’exportent que du pétrole – 95 % de leurs exportations, bam ! Voyez-vous ? Les gens nous aiment, les gens m’aiment, ils sont prêts à tout m’offrir. Les droits de douane, c’est comme un théâtre : tu rentres, tu paies. Si tu veux pas payer, tu ne rentres pas. Et ceux qui paient ? Ils ont droit à un siège VIP dans l’économie Trump. C’est la paix par le portefeuille. Tout le monde veut un ticket pour le spectacle, et je suis le producteur, le metteur en scène, et la star.

 

LeCo — Vous avez aussi promis de résoudre la crise climatique. Votre plan ?

 

Trump — Le climat, c’est une opportunité, pas un problème. Tout le monde pleurniche sur le réchauffement, mais moi, je vois du potentiel. Plus de chaleur ? On ouvre des plages en Alaska, des stations balnéaires en Sibérie. Des tempêtes ? Je vends des Trump Storm Shelters : bunkers de luxe avec Wi-Fi 6G, minibars, et des écrans plats pour regarder mes discours en boucle. Le froid ? Parfait, ça cloue les gens chez eux, bien au chaud, à regarder mes tweets sur grand écran. Pas de manifs, pas de guerres, juste des gens qui consomment. Le climat, c’est comme un associé silencieux dans mon plan de paix. La chaleur amollit les gens, comme un Valium. Le froid les enferme, comme une pause des hostilités. La nature travaille pour moi, et je la facture.

 

LeCo — En résumé, votre définition de la paix ?

 

Trump — La paix, c’est l’absence de complications. Moins de râleurs, plus de clients. Moins de guerres, plus de golfs. Moins de territoires disputés, plus de Trump Towers. C’est mathématique, c’est du génie, c’est du business. Je suis le Léonard de Vinci de la paix, mais avec de meilleurs costumes et des steaks bien cuits. Et si quelqu’un n’est pas d’accord, qu’il vienne me voir. Je lui vendrai un billet pour mon prochain resort. La paix, c’est moi, point final.

Prochaine victime : à découvrir dès qu’on aura fini d’éplucher les communiqués absurdes des ministères.

 

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