Le Correspondant

Grand jour pour la Palestine

Ironie du calendrier : alors que les États-Unis restent le plus fidèle allié d’Israël dans sa guerre contre le Hamas à Gaza, c’est sur le sol américain que la Palestine doit enfin être reconnue, ce lundi 22 septembre, à New York, au siège des Nations unies. Mieux encore, Washington promet son veto. Rien de tel pour transformer un événement historique en petit feuilleton diplomatique où le gendarme du monde joue les figurants. Sur place, la France et plusieurs autres pays officialisent la reconnaissance de la Palestine, un geste simple mais chargé de signification. Pendant ce temps, les Américains observent,  formels, distants, prêts à bloquer toute résolution, mais incapables d’empêcher que le monde avance sans eux. Le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal ont déjà sauté le pas, et au total, 145 États membres de l’ONU reconnaissent désormais l’État palestinien. La Maison-Blanche, quant à elle, distribue des communiqués sur la « diplomatie sérieuse » et le « processus prudent », comme si cela suffisait à masquer son retard. Emmanuel Macron, lui, salue ce moment comme un jalon incontournable pour isoler le Hamas : offrir aux Palestiniens une perspective politique avant qu’ils n’aient d’autre choix que le conflit. Netanyahu, de son côté, répète qu’il n’y aura pas d’État palestinien et laisse ses ministres d’extrême droite brandir l’annexion comme une réponse automatique. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, observe le tout avec un mélange de gravité et d’exaspération : les menaces pleuvent, mais la reconnaissance se fait quand même. Résultat : les États-Unis posent leur veto, mais le geste reste symboliquement vide. Le monde continue sa marche, et l’Amérique, fidèle à sa tradition, se retrouve seule dans son rôle de spectatrice contrariée. Un grand jour pour la Palestine, un lundi un peu plus solitaire pour Washington.

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