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Jugnot à Draguignan

Gérard Jugnot sera présent à l’avant-première de son dernier film, Mauvaise pioche, à l’UGC de Draguignan, mardi 3 mars 2026
Gérard Jugnot sera présent à l’avant-première de son dernier film, Mauvaise pioche, à l’UGC de Draguignan, mardi 3 mars 2026

Mardi soir, Gérard Jugnot descend dans le Var pour présenter son dernier film, une comédie noire où un homme ordinaire est confondu avec Xavier Dupont de Ligonnès. Entre quiproquos absurdes et tension policière, l’acteur emblématique des Bronzés et du Père Noël est une ordure tente de réconcilier rires et frissons… avec l’espoir de ne pas finir embourbé sur les routes cabossées de Draguignan.

 

À Draguignan, on n’avait pas vu autant de lunettes rondes et de vestes en velours depuis le dernier loto du Rotary. Cette fois, c’est du lourd, du patrimonial, du moustachu national. Gérard Jugnot débarque, demain soir, au cinéma de la ville, à 20 heures tapantes, pour présenter son dernier film,  » Mauvaise pioche ». Oui, en personne. En chair, en os, et probablement en attaché de presse.

 

On s’interroge. Pourquoi Draguignan. Pourquoi maintenant. Pourquoi lui. Et surtout, pourquoi ce film.

 

Car l’histoire, accrochez-vous, tient sur un ticket de caisse. Un brave type, banal comme un rond-point varois, se retrouve confondu avec Xavier Dupont de Ligonnès, ce nantais qui est soupçonné d’avoir assassiné sa femme et ses quatre enfants en 2011, avant de disparaître dans la nature, laissant derrière lui l’une des affaires criminelles les plus sidérantes de la Ve République.

 

Oui, le fugitif le plus célèbre de France, volatilisé sans laisser d’adresse. Le thème est porteur, anxiogène à souhait. Mais est-ce du cinéma ou un long sketch étiré comme un chewing-gum sous la semelle.

 

Car le scénario repose sur un ressort unique. Ca part d’une rumeur qui enfle plus vite qu’un débat sur les réseaux sociaux. Un voisin croit reconnaître le fugitif. Un collègue hésite. Un policier doute. Le héros s’enfonce. Plus il nie, plus on l’observe. Plus il s’agite, plus il ressemble à celui qu’il n’est pas. Sur le papier, la mécanique est implacable. Sur l’écran, tout dépend du dosage. Trop léger, et l’on frôle la farce. Trop appuyé, et l’on piétine un fait divers encore brûlant.

 

Le film joue donc sur cette ligne de crête. Comédie de l’absurde ou satire des emballements collectifs. Portrait d’un homme broyé par la suspicion ou simple variation sur le thème du malentendu. Il y a matière à tension, à critique sociale, à radiographie d’une époque qui traque, commente et condamne en temps réel. Encore faut-il que l’écriture tienne la distance et ne se contente pas d’empiler les scènes de gêne et de confusion.

 

Jugnot connaît la musique. Il a tourné avec Michel Blanc, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko au sein du « Le Splendid ». On lui doit « Les Bronzés », « Les Bronzés font du ski », « Le Père Noël est une ordure ». Des films qui ont marqué la culture populaire à coups de répliques cultes. Il a aussi signé le plus grave « Monsieur Batignole », prouvant qu’il savait quitter le registre potache pour toucher à l’Histoire.

 

Et puis, il faut bien le dire, ces dernières années, on le voit davantage dans des nanars aimablement subventionnés. « On aurait dû aller en Grèce » en est l’illustration récente. Titre prémonitoire pour certains spectateurs. On aurait dû. Parfois, oui.

 

Alors le voir faire son show à Draguignan, c’est presque un événement. Premier grand nom à venir défendre son film en personne dans la cité dracénoise. Geste sincère envers le public local ou tournée de proximité pour rassurer les exploitants. La question mérite d’être posée, sans malice excessive mais avec un brin d’ironie. Est-ce que le film a besoin de la présence de son acteur pour exister. Ou est-ce simplement le plaisir de la rencontre. Le temps de la rencontre.

 

On ne sait pas ce qu’il fera de sa soirée : loto au Rotary, karaoké au café du commerce, ou simplement regarder passer les voitures sur la N562. À Draguignan, personne n’y reste jamais vraiment. On y passe, on remplit son réservoir, on prend un café, et hop, direction les gorges du Verdon ou la plage. Les Bronzés connaissent la chanson

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