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Le Correspondant

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Obama, le locataire fantôme

À Washington, on connaissait les problèmes de termites à la Maison-Blanche, on découvre désormais ceux d’obsession immobilière. Il semblerait que le crâne de Donald Trump soit devenu le théâtre d’une colocation forcée dont il est le seul à payer les frais de chauffage.

L’ancien président Barack Obama, toujours aussi suave, a confié au détour d’un micro (podcast All The Smoke) qu’il résidait, gratis et à demeure, dans le cerveau du milliardaire en campagne. Il ne s’agit pas d’une simple chambre de bonne, précise l’ex-locataire du 1600 Pennsylvania Avenue, mais d’une « suite » tout confort.

Un constat qui n’est pas piqué des vers. Car, à en croire le 44e président, le temps de cerveau disponible du candidat républicain — ce fameux temps que les publicitaires convoitaient tant — est quasi intégralement absorbé par le visionnage de vidéos d’archives et la rumination de vieilles rancœurs. Pendant qu’Obama, en bon retraité actif, donne des leçons de gestion de crise et de sérénité présidentielle, Trump, lui, s’épuise à vouloir déloger ce colocataire encombrant qu’il ne parvient pourtant pas à expulser.

L’argument d’Obama est un petit coup de poignard glissé sous la chemise : un président qui bosse, ça a du pain sur la planche. Ça traite des dossiers, ça fronce les sourcils devant des notes de synthèse, ça n’a tout simplement pas le loisir de chercher des poux à son prédécesseur sur Internet à l’heure où les honnêtes gens dorment.

La messe est dite. Pour Obama, si Trump a autant de mal à gérer les affaires courantes, c’est peut-être simplement parce qu’il a déjà l’esprit ailleurs. Pas à Washington, mais dans le rétroviseur. Une sacrée fuite de capital cognitif. Le « Donald » court après un fantôme alors que, dans la salle des machines, le navire tangue.

Une chose est sûre : si jamais Trump finit par réussir à expulser son locataire, il risque de trouver son cerveau bien vide. Et c’est sans doute là que réside sa plus grande peur.

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