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Ghali pioche dans la poche des mioches

Face au trou budgétaire de la Métropole, Samia Ghali a trouvé un gisement inattendu : les enfants et les retraités. Les fraudeurs peuvent dormir tranquilles, les minots et les papys sont appelés à sauver les finances marseillaises.

Marseille, place Castellane. Le bus 74 arrive à l’heure, ce qui constitue déjà en soi un événement digne de figurer dans les annales de la RTM. À son bord, un échantillon très démocratique de la ville : des seniors, des écoliers, et une nouvelle présidence qui vient de leur annoncer une très mauvaise nouvelle.

La crise budgétaire frappe la Métropole Aix-Marseille-Provence, et on lui a demandé de trouver 30 millions d’euros d’économies. Samia Ghali, fraîchement élue à la tête de la RTM, a regardé les comptes, puis elle a regardé qui ne payait pas, et elle a eu une idée : la fin de la gratuité pour les jeunes et les seniors, cette mesure à 10 millions d’euros par an mise en place par l’ancienne présidente de la Métropole, Martine Vassal, et que la nouvelle équipe juge « non compensée ».

Résultat : les enfants de moins de 10 ans et les papys de plus de 65 ans vont remettre la main au portefeuille. On cherchait les nantis qui profitaient du système — on a trouvé la maternelle et la maison de retraite. Félicitations.

La logique, il faut le reconnaître, est imparable : le fric, c’est bien connu, est dans l’argent de poche et pas ailleurs.

On notera d’ailleurs avec une certaine délectation que 24% des usagers de la RTM empruntent le réseau sans payer, soit 24 millions d’euros par an — mais que lutter contre cette fraude coûterait 25 millions. Casser la tirelire des mioches est donc plus simple.

La Tarification Sociale, ou l’art du flou artistique

Mais rassurez-vous, Samia Ghali n’est pas une femme sans cœur. Elle propose une solution de remplacement : la tarification sociale. Pour elle, « il faut se demander qui peut payer son ticket ou son abonnement » et une « tarification sociale s’impose pour tous les usagers ».

Traduction du marseillais en français : on ne sait pas encore combien, on ne sait pas encore pour qui, et dans tous les cas ça ne sera pas mis en place avant la rentrée 2027. Le temps de laisser passer une année scolaire, les élections , peut-être une ou deux guerres de sécession, on verra bien.

Quant à quiconque oserait réclamer des précisions, la présidente répond qu’elle mettra en place une tarification « au cas par cas », certains cas, jusqu’à épuisement de cas .

Les Promesses et la Mémoire Courte

Ce n’est pas la première fois que Samia Ghali sort une idée forte au coin d’un micro pour faire le tour des JT. Les amateurs de la chose marseillaise se souviennent de sa proposition, devenue légendaire, de déployer l’armée dans les quartiers nord pour en découdre avec les trafiquants. La sénatrice avait demandé « des barrages pour bloquer l’accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre. » L’appel était resté sans suite, mais l’avait « véritablement propulsée médiatiquement sur le devant de la scène politique française. » Les trafiquants sont toujours là. L’armée, moins.

La question finit toujours par revenir : qui est celle qui décide aujourd’hui de rendre le bus payant pour les enfants et les retraités ? La question mérite d’être posée, et la réponse vaut le détour.

Ses grands-parents étaient arrivés d’Algérie et s’étaient installés dans des bidonvilles des quartiers nord. Elle est née à Bassens, une cité du 15e arrondissement, coincée entre la zone industrielle et le chemin de fer. Elle a été élevée par ses grands-parents qui ne parlaient pas un mot de français, dans des conditions de vie rudes où « la pauvreté extrême faisait grandir les enfants beaucoup trop vite. »

Après un BEP de secrétariat et un emploi dans une mutuelle, elle s’engage en politique à 16 ans, monte les échelons du PS local, devient sénatrice, maire de secteur, adjointe au maire : une trajectoire classique dans sa mécanique, mais atypique dans son point de départ.

Aujourd’hui, elle vit sur les hauteurs du Roucas-Blanc, dans le 7e arrondissement. Entre le point de départ et le point d’arrivée, il y a Marseille dans toute sa verticalité sociale.

Elle résume parfois ce parcours d’une formule : « Comme si quelqu’un né dans une cité était condamné à y rester toute sa vie. » Personne ne lui demande cela. On lui demande seulement, parfois, de ne pas retirer l’échelle après être montée.

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Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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