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Pascal Praud, la mécanique du dérapage

Pascal Praud, animateur vedette de CNews, incarnant un projet médiatique où l’extrême droite se banalise, pendant que le régulateur peine à intervenir
Pascal Praud, animateur vedette de CNews, incarnant un projet médiatique où l’extrême droite se banalise, pendant que le régulateur peine à intervenir

Le 13 janvier 2026, sur CNews, Pascal Praud ne dérape pas : il signe. Entre phrases racialisées et banalisation de l’extrême droite, l’animateur vedette incarne un projet médiatique assumé, tandis que l’ARCOM, paralysée, continue de tirer aux flancs.

 

Il y a des phrases qui ne sont pas des accidents mais des signatures. Le 13 janvier 2026, sur le plateau de L’Heure des Pros, Pascal Praud n’a pas dérapé. Il a confirmé, une fois de plus, ce que CNews est devenue et ce que l’ARCOM refuse obstinément de voir. Commentant des images de tensions entre policiers et agriculteurs sur l’A64, l’animateur vedette s’est cru autorisé à préciser que « les gens en face sont blancs », ajoutant que c’était important à dire car les policiers étaient contraints de s’interposer face à des personnes avec lesquelles ils partageraient parfois « les convictions ou les origines ».

 

En quelques secondes, tout était là. L’obsession raciale, la hiérarchisation implicite des violences, la construction d’un sous-texte identitaire destiné à exonérer certaines colères et à en criminaliser d’autres. Une mécanique bien huilée, répétée, assumée.

 

La réaction ne s’est pas fait attendre. À gauche, les mots ont été durs parce que les faits le sont. Manuel Bompard a annoncé saisir l’ARCOM et le procureur de la République pour des propos racistes inacceptables. Ian Brossat a parlé de racisme à flux continu sur une chaîne devenue un dépotoir idéologique. Olivier Faure a dénoncé une extrême droite médiatique totalement décomplexée et a exigé que le régulateur fasse enfin son travail.

 

En face, Pascal Praud a déroulé sa défense habituelle sur X, invoquant le hors contexte, l’incompréhension volontaire, la manipulation. Il a expliqué qu’il répondait en réalité à Assa Traoré et à la notion de racisme systémique, comme si l’énumération de la couleur de peau des manifestants était un acte pédagogique destiné à prouver l’impartialité de la police. Une justification bancale qui n’a convaincu que ceux qui ne demandaient qu’à l’être.

 

Car le problème n’est pas cet épisode.

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