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« Trahir un traitre » : à Draguignan, la liste Schreck-Gibaud se déchire en public

À J-2 du second tour des municipales 2026 à Draguignan (dimanche 22 mars), la liste fusionnée Philippe Schreck – François Gibaud continue de susciter des remous internes, même après les départs déjà actés. Isabelle Dert Bono (6e sur la liste Gibaud au premier tour, qui avait déjà exprimé son désaccord et quitté le navire (comme documenté dans nos précédents articles sur la « dissidence en cascade »), en remet une couche.

 

Dans un long post virulent publié sur Facebook – adressé directement à François Gibaud – elle réaffirme certains points qu’elle avait déjà évoqués. Entre autre, une campagne mal organisée (compte bancaire ouvert tardivement, tracts et programmes distribués au compte-gouttes, modifications incessantes du programme pour retarder l’impression) ; absence de riposte aux attaques de Philippe Schreck (notamment sur le Théâtre de Draguignan, dont elle défend le bilan économique pour la ville) ; refus de visibilité sur les réseaux, rendant la liste « invisible » ; surtout : la fusion avec le RN finalisée « dans le dos » des colistiers, malgré des promesses explicites (« pas de fusion au second tour avec le RN si on ne peut pas se maintenir »).

 

Elle insiste sur le fait que le soir des résultats, la discussion filmée dans le hall du théâtre avec Schreck et Dewaguet n’était pas une validation collective, et que Gibaud était injoignable le lendemain pendant la négociation. Elle qualifie Alain Vigier (un autre colistier proche des mouvements souverainistes) d’avoir tenté de minimiser l’étiquette RN (« une liste sans étiquette ») lors d’une réunion ultérieure.

 

Pourquoi ce post maintenant ? D’après les éléments publics (sa page Facebook active @isabono, où elle poste régulièrement sur Draguignan, culture locale, ateliers d’écriture au Musée des ATP, etc.), ce texte vise à mettre fin à une pression persistante via les commentaires et interactions de Gibaud.

 

François Gibaud commente en effet régulièrement ses publications, allant jusqu’à la qualifier ironiquement d’une « belle personne ? » : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs… Une traître n’est pas une belle personne », avait-il écrit. Isabelle Dert Bono rétorque alors : « Trahir un traître n’est pas de la trahison ». L’ambiance est électrique.

 

 

Isabelle Dert Bono était l’une des plus investies dans la campagne Gibaud (distribution massive, mobilisation, soutien visible sur les réseaux), avant d’annoncer son retrait lundi dernier. À ce jour, cinq colistiers se sont désolidarisés officiellement de François Gibaud. Selon nos informations, ils sont beaucoup plus nombreux à avoir pris leurs distances. Un signe qui ne trompe pas : on ne compte que trois colistiers originaires de l’équipe Gibaud dans la liste finale de Philippe Schreck – Milène Cansier Delbosc, Stéphane Dewaguet et Gibaud lui-même – auxquels s’ajoute la fille de Gibaud (Chelsea Gibaud) à la 33e place.

 

Autre indicateur clair : sur la page de Gibaud, on compte sur les doigts d’une main les anciens colistiers qui likent ou commentent ses publications (Rishlaine HZM, Marie Dewaguet, la fille de Stéphane Dewaguet, Sarah Fernandez…), soit moins d’une dizaine sur les 43 de départ.

 

 

Ce nouvel épisode – même si le départ d’Isabelle Dert est acquis depuis plusieurs jours – montre que les blessures ne cicatrisent pas. Pour les électeurs centristes/droite modérée qui avaient voté Gibaud au premier tour (6,87 %), ces témoignages récurrents de « trahison » et de « mensonge » pourraient peser lourd. La liste Schreck-Gibaud part favorite (fort score du premier tour + report RN classique), mais chaque fissure visible peut grignoter des reports décisifs.

 

Richard Strambio (maire sortant) et ses soutiens (dont l’appel de Christophe Terras dès le soir du 15 mars) misent précisément sur ce narratif du « retournement opportuniste » pour mobiliser l’électorat anti-RN.

 

Le Correspondant suit ces derniers développements jusqu’au bout. Si François Gibaud ou son entourage réagit, nous le publierons en temps réel. En attendant, la campagne dracénoise se termine dans un climat de défiance accrue.

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