Le capitaine Ibrahim Traoré, l’homme fort de Ouagadougou qui préside aux destinées du Burkina Faso depuis son coup d’État de 2022, a décidé de passer des paroles de break up aux actes de divorce. Le 26 juin 2026, la télévision nationale a craché le morceau : rupture totale des relations diplomatiques avec la « Vieille France ».
Après des années à se regarder en chiens de faïence, le cordon diplomatique est officiellement tranché. C’est l’épilogue d’une longue dégradation, sur fond de tambours de guerre informationnelle et de rancœurs historiques.
L’effet domino : de Bangui à Ouagadougou
Pour Paris, ce n’est plus une gifle, c’est un bêtisier géopolitique à rallonge. Le vaudeville avait commencé par la Berezina centrafricaine, où les soldats tricolores de l’opération Sangaris ont dû plier bagage en 2016, laissant la place nette aux « instructeurs » russes et à la diplomatie du rouble.
Une contagion sahélienne s’en est ensuite suivie. Le Mali a ouvert le bal en chassant la force Barkhane à coups de communiqués acrimonieux. Le Niger a embrayé le pas en 2023, raccompagnant l’ambassadeur français à la frontière de manière plutôt musclée. Le Burkina Faso enfonce aujourd’hui le dernier clou du cercueil de la défunte « Françafrique » dans la région.
À Paris, la cellule Afrique de l’Élysée ressemble désormais à une salle d’attente de gare désaffectée : tout le monde part, personne ne revient.
Le complot permanent : terroristes et nostalgie coloniale
Dans son communiqué officiel, la junte burkinabè n’a pas fait dans la dentelle de Calais. On y accuse carrément la France de nourrir des « ambitions néocoloniales » et, cerise sur le gâteau de la rhétorique militaire, de soutenir activement des « réseaux subversifs » et les « groupes terroristes qui sèment le deuil » dans le Sahel.
Accuser la France, qui a perdu plus de cinquante soldats dans la région pour combattre le djihadisme, de financer les terroristes, il fallait oser. Traoré l’a fait. C’est l’argument massue, et un brin pratique, pour masquer le fait que, sur le terrain, la situation sécuritaire reste dramatique malgré le départ des troupes françaises et l’arrivée des « partenaires » de Moscou.
Et maintenant ? Le dernier éteint la lumière
Pendant que Ouagadougou célèbre cette « libération secondaire », le Quai d’Orsay « prend acte » avec la mine déconfite d’un mari trompé qui feint l’indifférence. La France perd un nouveau pied à terre stratégique, et le Burkina s’isole un peu plus de l’Occident pour plonger dans les bras d’un ours russe qui, comme chacun sait, est un grand philanthrope désintéressé.
La diplomatie française, elle, cherche activement une boussole. Si ça continue, le dernier diplomate français en Afrique de l’Ouest devra éteindre la lumière en partant.





