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Ségolène Royal, « la candidate d’Alger »

Ségolène Royal a trouvé sa mission : apprendre à la France la vertu du tapis rouge. Pour elle, la diplomatie, c’est comme une danse de salon avec Alger, à condition que Paris accepte de faire tous les pas, en arrière de préférence. Dès que le Quai d’Orsay hausse un sourcil, Alger claque la porte. Dès que Paris s’excuse d’exister, Alger réclame des intérêts de retard.

Qu’importe ! La dame du Poitou prône l’apaisement et le « respect mutuel » — une formule magique qui permet d’exiger beaucoup de la France et strictement rien de ses interlocuteurs. Accusée d’être la candidate d’Alger, elle rétorque, en boucle, que ce procès n’est que le fruit d’une « nostalgie coloniale » mal digérée. Une pirouette pratique : toute critique du régime algérien devient, sous sa plume, une apologie de l’Empire. Pratique.

Rembobinons la cassette. Janvier 2026 : Ségolène débarque à Alger. Abdelmadjid Tebboune lui déroule le tapis rouge, celui qui étouffe les bruits de bottes. Elle obtient, privilège suprême, un droit de visite auprès de Christophe Gleizes, journaliste français embastillé. La voici propulsée médiatrice, interprète et, surtout, professeur de diplomatie à domicile.

De retour, elle sermonne Paris : la méthode est simple, il faut cesser de contrarier Alger. Son conseil au ministre de l’Intérieur ? « Allez-y, soyez pragmatiques ! » Traduction : déchaussez-vous, n’apportez ni principes, ni exigences, ni dossiers fâcheux. Paris, bon prince, s’exécute. Au printemps 2026, émissaires et magistrats reprennent le chemin d’Alger, tout sourire.

Le cadeau et la note

Le résultat ? Gleizes est toujours au mitard. C’est le premier bénéfice, bien maigre, de cette « diplomatie de l’apaisement ». Pendant que Paris multiplie les courbettes, Alger fait les comptes. Et elle ne se gêne pas pour réclamer la peau des opposants réfugiés sur le sol français, ni même la libération d’un diplomate algérien incarcéré pour un sordide kidnapping politique mené en plein Paris.

On a d’ailleurs frôlé le naufrage : la France a failli céder aux sirènes de la « normalisation » et lâcher la bride, si un juge n’avait pas rappelé, in extremis, que le droit n’est pas une variable d’ajustement diplomatique.

Voilà de quoi déclencher une crise d’hystérie chez Ségolène. Imperturbable, elle s’indigne du « fiasco » français et trouve Paris décidément bien méchant. Trop raide, trop donneur de leçons, pas assez fute-fute pour comprendre que l’Italie et l’Allemagne savent parler aux Algériens — surtout quand il s’agit de signer des contrats gaziers.

La recette, selon Ségolène ? Moins de principes, davantage de courbettes. Si la France perd des marchés, c’est qu’elle ne sait plus suffisamment flatter. Quant aux journalistes envoyés en geôle ou aux droits de l’homme, ces vieilles histoires ont le mauvais goût de s’inviter à la table. De vulgaires « polémiques » venues troubler le dialogue « calme et respectueux ». Surtout calme. Très calme.

Le tapis est tiré

Le ressort de la méthode Royal est d’une mécanique bien huilée : si Paris est ferme, il est « anti-algérien ». S’il protège un opposant, il manque de « respect ». S’il veut défendre ses intérêts, il est responsable de la rupture des contrats.

À force de vendre la « bonne volonté » française comme monnaie d’échange, Ségolène oublie une loi économique de base : une monnaie qui n’achète rien ne vaut plus un clou. Christophe Gleizes croupit toujours, les contrats filent à l’anglaise, et Alger, qui n’est pas née de la dernière pluie, attend que Paris fasse le quatrième pas.

Pour une candidate à la présidence, Ségolène a trouvé un costume original. Reste à savoir si l’électeur, peu amateur de carpettes, appréciera cette tenue de campagne en peau de tapis rouge.

Leco en image

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Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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