Passer au contenu principal

Le Correspondant

Investigation Info off Documents Dossiers
Journal d'investigation
Toutes nos enquêtes paraissent le samedi

Bayrou, « la limace visqueuse » : Algérie Patriotique crache son venin sur la France

Quand Algérie Patriotique, l’organe officieux du fils du général Khaled Nezzar – donc du pouvoir algérien –, se met en mode diatribe, cela donne des textes qu’on croirait tout droit sortis d’un atelier de surréalisme rageur. La dernière livraison, signée Mohsen Abdelmoumen, distribue les coups avec une régularité de boxeur, en ciblant tour à tour Paris, Rabat et quelques têtes françaises bien connues. François Bayrou y est ainsi rebaptisé, sans nuance, « pédophile limace visqueuse » – sobriquet qui n’a évidemment pas la moindre base factuelle, mais qui traduit l’humeur pamphlétaire du moment.

 

Le prétexte ? Une vidéo publiée par l’ambassade de France à Rabat où, derrière le sourire de l’ambassadeur Christophe Lecourtier, trônait un chevalet illustrant la carte du « Grand Maroc ». Pour Alger, cette carte, qui efface frontières et diplomatie au profit du rêve expansionniste du Makhzen, est une gifle. Pour Abdelmoumen, c’est la preuve que la France joue la provocation en se servant du Maroc comme cheval de Troie contre l’Algérie.

 

À partir de là, le texte bascule dans une orgie verbale. La France serait un pays au bord de l’implosion, minée par sa dette abyssale et ses fractures sociales. Macron est rebaptisé « Freluquet 1er », Ursula von der Leyen une « grande copine nazie », et l’Union européenne une sorte de club en faillite piloté par le Forum de Davos. Le tout relevé de la menace que l’Algérie, elle, ne cèdera pas un pouce de terrain, car « les frontières ont été dessinées avec le sang des martyrs ».

 

L’article, d’une longueur à faire pâlir un éditorial du Monde diplomatique, se lit comme un exutoire. L’histoire y est convoquée à coups de Massinissa, d’Almohades et de traité de Lalla Maghnia. Le Maroc y est décrit comme une « prostituée favorite » du colon français, Israël comme l’alter ego expansionniste, et la France comme un empire moribond promis à l’éclatement en micro-régions — Bretagne indépendante comprise, à l’exception notable du Bois de Boulogne qui, ironise l’auteur, « voudra rester français ».

 

Dans ce registre, le trait n’a plus de limite : Bayrou est ridiculisé pour ses propos sur les retraites, Rima Hassan accusée de reprendre les thèses marocaines, et Sansal qualifié d’« agent » promis à la prison. Le texte se clôt sur une profession de foi nationaliste : l’Algérie comme « citadelle imprenable », phare des peuples opprimés et roc contre lequel se briseront « les empires déchus ».

 

Une chronique incendiaire, qui n’informe pas mais qui déverse – et qui illustre à merveille comment une certaine presse alignée sur le régime algérien transforme chaque micro-incident diplomatique en affront existentiel. Dans cette dramaturgie, les mots n’ont plus vocation à décrire le réel, mais à le pulvériser.

 

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

Suivez-nous

— Publicité —
Les derniers articles

« On ne découpe pas, on enterre »

À Alger, le débat politique se mène parfois à coups de pelle. Hakim Laâlam, chroniqueur du Soir d’Algérie, vient ainsi d’imaginer le cercueil de Ferhat Mehenni, opposant kabyle exilé en France. Une plaisanterie ? Peut-être. Mais lorsqu’un journaliste enterre son adversaire avant même qu’il soit mort, la satire commence à sentir le cadavre.

Ce ne sont pas des pompiers de métier, mais des volontaires. Le visage noirci par la cendre, épuisés par des jours de lutte, ils continuent d'éteindre les derniers foyers. Dans les coulisses de l'incendie, la solidarité ne connaît pas de répit

Les sentinelles du Haut-Var

Au lendemain des incendies dévastateurs qui ont ravagé le Haut-Var, c’est toute une communauté qui s’est dressée face au feu, loin des projecteurs. Entre les sentinelles surveillant les fumerolles sous les cendres, l’élan spontané des réseaux sociaux et la formidable machine de solidarité menée par les habitants, notre reporter nous plonge au cœur d’une renaissance. Récit poignant

60 000 migrants marocains à l’assaut de Ceuta

En une nuit, 60 000 personnes ont déferlé sur l’enclave espagnole, Ceuta, faisant au moins 34 morts. Une ruée orchestrée via WhatsApp et TikTok, qui nourrit déjà les théories d’une invasion préméditée par Rabat. L’Europe s’embrase, entre renforts militaires et menaces de suspendre l’Espagne de Schengen.

Rabat goudronne pour l’oncle Donald

Après les médailles remises entre camarades de promo et les décorations en toc épinglées à la va-vite, la diplomatie mondiale franchit un nouveau cap dans

Des cendres et des caprices

Pendant que Barjols brûle de rage et de braises, la mairie préfère guerroyer contre la solidarité. Entre ego municipal et amateurs au front, la politique locale montre qu’elle n’a pas besoin d’étincelles pour mettre le feu aux poudres.

Tunisie : « Dégage ! » — le retour d’un slogan

Convocation musclée de l’ambassadrice de France, manifestations à Tunis pour l’anniversaire du « coup de force » de 2021, dépendance croissante à l’Algérie : cinq ans après avoir concentré les pouvoirs, le président tunisien fait face à une contestation persistante et à des signes d’essoufflement, sans qu’un basculement paraisse imminent

— Publicité —

« On ne découpe pas, on enterre »

Aucun commentaire

À Alger, le débat politique se mène parfois à coups de pelle. Hakim Laâlam, chroniqueur du Soir d’Algérie, vient ainsi d’imaginer le cercueil de Ferhat Mehenni, opposant kabyle exilé en France. Une plaisanterie ? Peut-être. Mais lorsqu’un journaliste enterre son adversaire avant même qu’il soit mort, la satire commence à sentir le cadavre.

Lire la suite »
Ce ne sont pas des pompiers de métier, mais des volontaires. Le visage noirci par la cendre, épuisés par des jours de lutte, ils continuent d'éteindre les derniers foyers. Dans les coulisses de l'incendie, la solidarité ne connaît pas de répit

Les sentinelles du Haut-Var

Aucun commentaire

Au lendemain des incendies dévastateurs qui ont ravagé le Haut-Var, c’est toute une communauté qui s’est dressée face au feu, loin des projecteurs. Entre les sentinelles surveillant les fumerolles sous les cendres, l’élan spontané des réseaux sociaux et la formidable machine de solidarité menée par les habitants, notre reporter nous plonge au cœur d’une renaissance. Récit poignant

Lire la suite »