Le Correspondant

Investigation Info off Documents Dossiers
Journal d'investigation
Toutes nos enquêtes paraissent le samedi

Criminalité en Haïti : la saison des tueurs

la criminalité en Haïti fait des dizaines de mots tous les mois
la criminalité en Haïti fait des dizaines de mots tous les mois

Victime de son régime et de ses groupes armés, qui ont liquidé toute tranquillité dans le pays. Assassinants, enlèvements, tortures… Une enquête réalisée et publiée bien avant l’assassinat, ce 7 juillet 2021, du Président haïtien, Jovenel Moïse, par un commando armé. Chronique d’Haiti, otages de ses criminels.

 

 

Luckner Joseph est sans abri. Sa maison ? Un trottoir, un bout de carton. Les balles, les corps qui tombent, il les a vus. La douleur, il en connait aussi. Il revient d’un long périple dans l’horreur : la disparition de sa fille, fauchée dans la zone de Kafou Labatwa, à Port-au-Prince, capitale haïtienne. Du jour au lendemain, il a tout perdu. Tout : maison, travail, argent. Il est venu vivre dans la rue, là où sa fille a rendu son dernier souffle. « Pour continuer à la sentir ».

 

Depuis, il a la violence plein les yeux. Il peut passer des heures à égrener les victimes qu’il vues tomber : cet enfant de 5 ans, qui s’est écrasé sur le bitume, quand il a chuté des bras de son père, mitraillé. Cette femme, vendeuse ambulante de fruits et légumes : elle a été abattue à bout portant devant un commissariat de police. Ou ce mulâtre qui a été poussé dans une voiture aux vitres fumées, par deux hommes armés. « Quelques jours après, ils en ont parlé à la radio … ».

 

La peur des bandits et des ravisseurs ? Ca ne le connait pas, « car il n’a rien à perdre », mais « les gens ne s’arrêtent même plus pour lui donner une pièce, car pressés de rentrer chez eux, pour se mettre à l’abri », ajoute-il, juste avant de s’éloigner avec son baluchon, dans le dédale des rues environnantes. Les « rues des pas perdus »

 

C’est bien ce tableau rouge sang que reflète l’état de ce pays maudit, longtemps écrasé par les dictateurs et les souffrances d’un peuple traqué, affamé ou tué. Une crise multiforme, aggravée, ces derniers temps, par l’hydre mortifère des groupes armés, qui ont liquidé toute tranquillité en Haïti.

Assassinats, trafic d’armes, enlèvements : récemment encore, c’est le président de la division américaine de l’Eglise Aventiste et sa fille, Elie Henry, qui sont enlevés dans le quartier huppé de Pétion-Ville. Avant d’être relâchés, quelques jours plus tard. Montant de la rançon : cinq millions de dollars. Prix de leur liberté. Mais, fait curieux, la presse locale ne s’est même attardée sur l’examen des circonstances et les raisons de ce rapt. Les journalistes étaient davantage surpris par le dénouement « heureux » de l’affaire, que par son caractère criminel. Car, la plupart du temps, ce sont les morts qui mitraillent les manchettes.

 

Les chiffres sont assommants :

Ce contenu est réservé aux abonnés

Connectez-vous pour le déverrouiller

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

Suivez-nous

l’instant t

Jérôme Barella, côté cour, côté jardin

Son nom est désormais installé au cœur de la rubrique des faits divers. Jérôme Barella est le suspect numéro un dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, 11 ans. Avant la disparition de la fillette puis la découverte de son corps, rien, en apparence, ne semblait annoncer une telle bascule : un homme de famille, un parcours salarié dans le monde agricole, une vie locale sans aspérité visible. Tout paraît ordinaire, sauf ce qui est caché

Lyhanna : le populisme anti-judiciaire

Dans le Gers, la disparition puis la mort de Lyhanna, onze ans, met au jour une succession de défaillances judiciaires et administratives. Derrière le drame, le profil d’un suspect déjà visé par de multiples signalements jamais réellement traités et un système de protection de l’enfance et de la justice sous tension.

Gérald Darmanin lors de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux magistrats, au palais de justice de Bordeaux, le 21 février

Darmanin découvre la justice

Alors que la mort d’une fillette de onze ans dans le Gers embrase le débat public, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, choisit d’en découdre avec la magistrature. Derrière la légitime émotion collective, une instrumentalisation politique s’est mise en marche, qui s’inscrit dans une tendance de fond : le populisme anti-judiciaire, désormais banalisé jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.

Plus propre, mais toujours mal élevée

Sept ans d’enquêtes, de reportages, de coups de griffe et de nuits trop courtes. Pour l’occasion, Le Correspondant s’est offert une nouvelle gueule. Plus propre, plus lisible, plus moderne. Mais qu’on se rassure : sous le costume neuf, le sale caractère est toujours là.

Anna Politkovskaïa, journaliste russe d’investigation assassinée à Moscou en 2006.

Anna Politkovskaïa : La conscience supprimée de la Russie

Le film Words of War (2025), récemment diffusé sur Canal+, n’est pas seulement un biopic de plus sur une journaliste courageuse. C’est un rappel brutal, presque inconfortable, de ce que la Russie a produit — et broyé — de plus précieux : une voix qui refusait de se taire. Réalisé par James Strong, avec Maxine Peake dans le rôle d’Anna Politkovskaïa, le long-métrage suit la trajectoire d’une femme qui, au lieu d’observer la guerre de loin, a choisi d’y entrer. Et d’y rester.

Le Premier ministre par intérim du Kosovo, Albin Kurti, vote lors des élections législatives anticipées à Pristina, Kosovo, le 7 juin 2026.

Kosovo : Un dimanche sans fin

Ce 7 juin, les Kosovars ont voté. Comme le 28 décembre. Comme le 9 février avant ça. Même bureau de vote, même bulletin, presque même résultat. Dehors, le soleil de juin. Dedans, le même blocage.

Jean Messiha découvre Jean Messiha

Jean Messiha ne découvre pas seulement qu’il a hébergé pendant deux ans 42 000 euros destinés aux familles des victimes d’Incarville. Il découvre aussi qu’il rejoint, malgré lui, ce petit club très fermé que les brigades financières connaissent bien : celui où l’on explique toujours que l’argent est arrivé sans prévenir.

Jérôme Barella, côté cour, côté jardin

Aucun commentaire

Son nom est désormais installé au cœur de la rubrique des faits divers. Jérôme Barella est le suspect numéro un dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, 11 ans. Avant la disparition de la fillette puis la découverte de son corps, rien, en apparence, ne semblait annoncer une telle bascule : un homme de famille, un parcours salarié dans le monde agricole, une vie locale sans aspérité visible. Tout paraît ordinaire, sauf ce qui est caché

Lire la suite »

Lyhanna : le populisme anti-judiciaire

Aucun commentaire

Dans le Gers, la disparition puis la mort de Lyhanna, onze ans, met au jour une succession de défaillances judiciaires et administratives. Derrière le drame, le profil d’un suspect déjà visé par de multiples signalements jamais réellement traités et un système de protection de l’enfance et de la justice sous tension.

Lire la suite »
Gérald Darmanin lors de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux magistrats, au palais de justice de Bordeaux, le 21 février

Darmanin découvre la justice

Aucun commentaire

Alors que la mort d’une fillette de onze ans dans le Gers embrase le débat public, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, choisit d’en découdre avec la magistrature. Derrière la légitime émotion collective, une instrumentalisation politique s’est mise en marche, qui s’inscrit dans une tendance de fond : le populisme anti-judiciaire, désormais banalisé jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.

Lire la suite »