À chaque fois que le nom du député RN, Philippe Schreck, égratigne nos colonnes, c’est le même rituel. Les vannes de la courtoisie « patriote » se libèrent et un torrent d’insultes s’abat sur notre modérée messagerie. Pas une fois, pas deux, pas dix. C’est un défilé permanent. Alors, une bonne fois pour toutes, répondons.
Le clic et le chèque
À nos charmants correspondants – qu’ils soient RNistes de la première heure, ex-frontistes recyclés ou « schreckiens » de stricte obédience –, nous voulons d’abord dire un grand merci.
Vous l’ignorez peut-être entre deux invectives, mais chacune de vos colères numériques, chaque clic rageur sur notre site, pour venir vérifier si nous avons encore « osé », alimente nos compteurs. En clair : vous payez pour nous insulter. Votre indignation compulsive finance notre indépendance. S’il vous plaît, continuez, nos comptables adorent votre dévouement.
Le grand journaliste et polémiste, Jean-François Kahn, aimait à rappeler une formule qui est devenue notre boussole :
« Un article qui ne fait pas réagir a raté son objectif. »
Dans une version plus classique, l’écrivain, Jean d’Ormesson, disait aussi que le rôle du journaliste est de « plaire à ceux qui nous aiment, et d’agacer les autres ». À en juger par la hauteur du lisier que nous recevons, nous avons manifestement vu juste. Chaque insulte reçue est la preuve scientifique que nous avons visé là où ça fait mal.
Chez ces gens-là, visiblement, le débat démocratique est un concept abstrait. Faute d’arguments solides, il ne reste que la violence verbale : cogner, avant d’échanger.
Souci d’hygiène publique
Que les fans du député se rassurent : ce ne sont pas leurs amabilités qui vont nous faire ranger nos calepins. Bien au contraire. Par pur souci d’hygiène démocratique, nous allons continuer à fouiner, à enquêter et à soulever les tapis.
Le paysage politique local et national regorge d’histoires que certains préféreraient voir étouffées : des dérapages de conduite aux affaires de stupéfiants, des vaudevilles personnels peu glorieux aux vieux relents d’antisémitisme qui collent historiquement aux basques des ultras de cette famille politique. Les sujets de vigilance ne manquent pas, et notre rôle est de mettre la lumière là où d’autres cherchent l’ombre. Nous allons donc continuer à publier. C’est d’utilité publique.
Heureusement, nous n’écrivons pas pour cette minorité braillarde. Nous écrivons pour vous, la majorité silencieuse. Celle qui ne commente pas avec de la bave aux lèvres, mais qui lit, réfléchit et vote.
Cette majorité, elle existe.
Souvenons-nous des élections municipales à Draguignan : lorsque l’appel à faire barrage à l’extrême droite a été lancé, les électeurs ont su entendre la voix de la raison. C’est pour ce public-là, lucide et républicain, que nous continuerons à faire notre métier.
Sans trembler, et avec le sourire.





