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Le Correspondant

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Schreck vote pour le retour du poison banni

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026, Philippe Schreck, député RN du Var, a voté la loi d’urgence agricole avec les 295 autres « oui ». Celui qui cultive localement l’image du défenseur des terroirs varois montre à Paris une autre facette : le verbe haut pour les oliviers, le bulletin docile pour l’agro-industrie.

Il a le verbe aussi fleuri qu’un bidon de glyphosate et la larme à l’œil dès qu’on évoque un cep de vigne. Mais sitôt franchies les portes dorées du Palais-Bourbon, le patriotisme provençal du député Philippe Schreck prend des allures de grand écart salissant.

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté en grandes pompes la fameuse loi d’urgence agricole. Parmi les 296 preux chevaliers du « oui » discipliné : notre élu RN de la 8ᵉ circonscription du Var, toujours prompt à jouer les vigiles des terroirs entre deux tasses de thé. Une vraie vocation de curateux de campagne, le bulletin de vote discret et la conscience professionnelle soigneusement laissée au vestiaire.

Du miel sur les étals, du poison dans les calices

Pourtant, quel bel enthousiasme nous jouait-il encore récemment sur sa tribune numérique ! En intégrant la Commission du développement durable, l’ancien avocat jurait la main sur le cœur qu’il allait tout déchirer pour « la souveraineté agricole et alimentaire » du Var. On s’imaginait déjà le voir brandir la fourche contre les technocrates.

Mais la réalité parlementaire a une fâcheuse tendance à détricoter les discours de kermesse. Derrière le label marketing de l’« urgence agricole », le voilà qui s’est empressé de lever le petit doigt pour valider un cocktail qui ferait blêmir un vieux bougnat :

  • Le retour des pestes volantes : Réhabilitation en grande pompe de l’acétamipride et du flupyradifurone. Traduction pour les profanes : les fameux néonicotinoïdes, bannis en 2020 pour cause de génocide apicole patenté, font leur come-back sous les acclamations.

  • La soif des tuyaux varois : Dans un département où l’eau est aussi rare qu’un fonctionnaire de bonne humeur en plein mois d’août, le texte facilite les méga-bassines et détricote les garde-fous écolos. De quoi transformer les collines de Fayence en succursales de piscine municipale, l’assèchement en moins.

  • Le grand nettoyage des captages : Allègement des zones de protection autour de l’eau potable. Une petite rasade de chimie dans le pastis local, et l’on expliquera aux contribuables que c’est pour faire rougir les tomates.

La caserne d’abord, le potager ensuite

On veut bien excuser la distraction. À l’extrême-droite, la discipline de caserne ressemble à une moissonneuse-batteuse : elle broie tout, surtout les velléités d’indépendance intellectuelle. Qu’importe que l’eau vienne à manquer à Salernes ou que la nappe phréatique crie famine sous les pieds des oliveraies. Quand la centrale parisienne tire la ficelle, le pantalon varois plie et le doigt se lève.

Pendant que la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, fait mine de s’étrangler et que le MEDEF lui-même tique, notre héraut des champs n’a pas tremblé d’une seule bacchante.

Prochainement sur vos marchés

Le texte poursuit sa route vers le Sénat, où on l’accueillera avec force courbettes. Bientôt, Philippe Schreck pourra donc faire son grand retour sous les platanes de Cotignac ou de Comps-sur-Artuby. On le verra arpenter les allées, tatanes cirées et sourire de faux curé, serrant des paluches calleuses en jurant qu’il veille sur la Provence comme un père de famille.

Il suffira juste d’éviter de lui demander ce qu’il faisait la nuit du 21 juillet. À ce niveau de grand écart, ce n’est plus de la politique : c’est du cirque Pinder, avec les nappes phréatiques du Var en guise de filet de sécurité.

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

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