
Sansal, victime de sa Légende
En quittant Gallimard pour Grasset après près de trente ans de collaboration, Boualem Sansal n’a pas seulement changé de maison d’édition. L’écrivain franco-algérien, figure critique du pouvoir d’Alger et récemment libéré après un an de détention en Algérie, se retrouve au centre d’une lecture politico-diplomatique de son parcours. Une affaire où un contrat d’édition devient, presque mécaniquement, un révélateur des tensions franco-algériennes et des fractures du champ culturel français.
Décidément, ça devient un rituel mortifère : en 1957, une autre grippe s’est invitée en France. Vue par la presse et le gouvernement de l’époque, elle n’avait rien à voir avec la grippe espagnole, c’était à peine un rhume carabiné, porté par les vents d’Orient. Mais, vue vécue par le peuple, la grippe asiatique était un cavalier de l’enfer, qui a fauché plus de 100.000 vies. Eternel recommencement : 63 ans plus tard, le coronavirus a semé la mort dans le pays. Sa puissance est la même que celle de son ancêtre asiatique. Même épicentre – la Chine -, même vitesse de propagation, mêmes symptômes – assimilés à une grippe plus qu’à un virus mortel.
C’est à cause de ces aberrations qu’un homme s’est retourné contre le système. Son cri vient de Marseille, depuis le navire Amiral de l’IHU Méditerranée : c’est le Professeur Didier Raoult, qu’on n’a même plus besoin de présenter, tant son nom a été mâché et remâché sur les chaînes de télévision. Raoult, dans sa dégaine d’indien de l’Amazonie, mais pourvu d’un Cv de sommité dans la recherche mondiale, a l’affront de se moquer des protocoles médicaux et de proposer un médicament pour soigner le coronavirus : la Chloroquine, combinée à l’antibiotique azithromycine, coûte le prix de deux bières. Résultat d’un premier essai clinique qu’il juge efficace : sa » victoire » est devenue l’otage des enjeux dans le milieu de la recherche, entre ceux qui soutiennent sa » solution d’urgence » et les ayatollahs de l’application stricte des protocoles de recherche médicale. En première ligne, la Direction de la Santé conteste sa méthode inadaptée aux process habituels. D’autres évoquent » la toxicité de la chloroquine « 




