Passer au contenu principal

Le Correspondant

Investigation Info off Documents Dossiers
Journal d'investigation
Toutes nos enquêtes paraissent le samedi

Fernand Lopez : Diffamation ? Non. Information !

120 000 euros réclamés. Une plainte pour diffamation. Et, au final, une relaxe sèche. Pas d’appel. L’affaire est enterrée. Mais certains noms, pas des moindres, resteront gravés – et pas pour leur palmarès.

 

Le monde du sport, surtout en France, n’aime pas les fauteurs de trouble. Il préfère les journalistes de plateau aux fouilleurs d’ombres, les portraits flatteurs aux enquêtes gênantes. Le journaliste, Romain Molina, n’a jamais coché la bonne case. Depuis des années, il creuse là où ça pue : viols couverts par des fédérations, dérives financières, violences psychologiques, trafics de licences ou d’influence – du football au MMA, sa matière première, c’est la honte bien planquée sous les trophées.

 

Quand, en 2023, il diffuse « Fernand Lopez, la vérité sur le ‘King’ du MMA français », certains comprennent vite que le roi est nu. La vidéo – une enquête de 30 minutes – dresse un portrait sans vernis du fondateur de la MMA Factory : un coach tout-puissant, accusé de violences verbales et physiques, de manipulation mentale, et de gestion toxique. Pas de montage sensationnaliste, mais des documents, des témoignages, des faits. La réponse ne tarde pas : assignation directe, demande de retrait de la vidéo, et 120 000 euros pour le préjudice. Un classique.

 

Mais, ce 30 avril, la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, spécialisée dans les délits de presse, n’a pas eu besoin de longs débats : relaxe totale. Rien d’injurieux, rien de diffamatoire. Juste du travail bien fait. Et surtout, aucun appel de la partie plaignante. Rideau.

 

 

Ce n’est pas une première pour Molina. Déjà poursuivi – en vain – par plusieurs manitous du sport mondial, il aligne les procédures comme d’autres les communiqués d’autojustification. À chaque fois, le même scénario : tenter d’isoler, de salir, d’intimider. Et à chaque fois, les juges tranchent : les faits sont là, les accusations documentées, les contre-feux médiatiques balayés par les preuves.

 

Parmi ceux qui ont tenté de le faire taire : Brigitte Henriques, ex-vice-présidente de la FFF et alors présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) – elle finira par tomber, d’ailleurs, suite à ses révélations. Yves Jean-Bart, président de la fédération haïtienne de football à l’époque – banni à vie par la FIFA pour abus sur mineurs, à la suite des enquêtes de Molina. Gérard Lopez, président des Girondins de Bordeaux. Yves Ethève, patron de la Ligue réunionnaise de football (affiliée à la FFF).

 

Sans compter ceux qui avaient promis, bruyamment, de le poursuivre, avant de se rétracter, comme Christophe Galtier, alors sur le banc du PSG, ou Stéphane Moulin, entraîneur d’Angers à l’époque.

 

Fernand Lopez, de ce lot, incarne l’ascension spectaculaire du MMA français d’un coach qui règne sur la MMA Factory avec une main de fer : pratiques managériales brutales, témoignages d’anciens élèves brisés, accusations de harcèlement.

 

Si la justice n’a pas confirmé les faits (Ce n’est pas la vocation de la 17eme chambre), elle n’a pas pour autant invalidé l’enquête de Molina. A travers sa décision, elle a envoyé un message fort : non, on ne fait pas taire un travail d’investigation sérieux avec une menace de 120 000 euros. Non, les faits sourcés ne se font pas oublier à coups d’assignations. Et oui, même les barons du sport doivent apprendre à composer avec la vérité.

 

Côté de la MMA Factory, pas de communiqué triomphal : pas d’explications, pas de commentaires. Le silence, cette fois, vaut bien davantage que mille interviews : il sonne comme une reddition.

 

Quant à Molina, il en sort, encore une fois, blanchi. En attendant le prochain procès…  avec, à ses côtés, la même rigueur discrète : celle de son avocat, Maître Mokhtar Abdennouri.

 

 

Leco en image

Full Moon

Borderline est une émission du Correspondant, présentée par Tristan Delus. Cette fois, il vous emmène en mer de Chine, à la découverte de l’une des fêtes les plus folles du monde, pour la pleine lune : la Full Moon Party. Chaque mois, ils sont des milliers à s’y rendre, ils viennent de France, d’Amérique ou du Moyen Orient. Avec une seule règle : s’éclater jusqu’au lever du jour. Et sans modération !

Suivez-nous

— Publicité —
Les derniers articles
Extradition de Ayoub Aissoui, demandée par Tebboune et refusée par l'Espagne

Tebboune se prend la tarte catalane

Madrid met un terme aux rêveries judiciaires du palais d’El Mouradia. Bâclé à la va-vite pour faire taire l’ex-patron de chaîne, Ayoub Aissoui, le «

Baisse de fréquentation de la Foire Internationale de Marseille

Ça foire de Marseille

L’ambiance des grands jours n’aura duré qu’un automne. La semaine dernière, la Foire internationale de Marseille enregistre une baisse de fréquentation sans appel, ramenant brutalement

Président du FN, Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine Le Pen, devenue président du RN

FN/RN : Un demi siècle de dérapages antisémites

Enquête, condamnations, proximités idéologiques et polémiques à répétition : alors que la direction du Rassemblement national tente d’imposer une vitrine de respectabilité par la stratégie

Le RN a changé. Enfin, il paraît…

Entre deux paires de mocassins cirés et trois larmes de crocodile sur commande, le RN jure la main sur le cœur qu’elle est devenue fréquentable. Sauf que dans les couloirs du nouveau monde, les vieilles casseroles ont curieusement gardé leur place à table.

Jordan Bardella accusé par le journal Médiapart de propos antisémites, à l'époque où il faisait ses classes dans le FN

Antisémitisme : La crasse « sous-Marine »

Entre saillies antisémites exhumées du passé, menaces à peine voilées et réflexe pavlovien de la victimisation, le Rassemblement national tente de faire oublier ses vieux démons. Plongée dans les zones troubles de l’extrême droite, où la façade lisse de Jordan Bardella cache mal la crasse idéologique de la maison.

Philippe Schreck ( RN) et François Gibaud ( Indépendant) lors des élections municipales 2026, à Draguignan, dans le Var

Draguignan : Schreck et mat au tribunal

Battu aux municipales, recalé aux sénatoriales et sur le point de voir son recours électoral voler en éclats : le député frontiste Philippe Schreck cumule les gadins. Entre une rapporteure publique impitoyable et une stratégie juridique en carton-pate, chronique d’une bérézina annoncée dans la capitale de l’artillerie varoise.

— Publicité —
Baisse de fréquentation de la Foire Internationale de Marseille

Ça foire de Marseille

Aucun commentaire

L’ambiance des grands jours n’aura duré qu’un automne. La semaine dernière, la Foire internationale de Marseille enregistre une baisse de fréquentation sans appel, ramenant brutalement…

Lire la suite »