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Maduro : la chute d’un dernier chaviste

L’image a fait le tour du monde en quelques minutes, brouillée, tremblée, presque irréelle : Caracas secouée par des explosions, un ciel strié de traînées lumineuses, puis un message laconique posté sur le réseau social préféré de Donald Trump. « Nicolás Maduro et son épouse ont été capturés et évacués. » Nous sommes le 3 janvier 2026. Le Venezuela vient de basculer. Et avec lui, un pan entier de l’histoire politique latino-américaine, coincé depuis deux décennies entre promesse révolutionnaire, asphyxie économique et harcèlement impérial.

 

La scène a des airs de remake tardif de la guerre froide, rejoué à l’ère des frappes chirurgicales et des annonces présidentielles en 280 caractères. À peine réinvesti à la Maison Blanche, Donald Trump met sa menace à exécution. Fin novembre 2025, il avait lancé un ultimatum au président vénézuélien : l’exil contre l’abdication. Une porte de sortie « honorable », disait-il. Maduro a refusé. Deux mois plus tard, les Marines entraient en scène.

 

Cette chute spectaculaire n’est pas seulement celle d’un homme traqué. Elle marque l’effondrement brutal d’un projet politique né avec Hugo Chávez, porté par la rente pétrolière, l’imaginaire bolivarien et la promesse d’un socialisme tropical affranchi de Washington. Elle révèle aussi, une fois de plus, la fragilité des souverainetés du Sud lorsque l’étau géopolitique se resserre.

 

Le chauffeur de bus devenu président

Nicolás Maduro Moros n’était pas destiné aux palais présidentiels. Né le 23 novembre 1962 à Caracas, dans une famille modeste, il quitte l’école tôt et gagne sa vie comme chauffeur de bus pour le métro de la capitale. C’est là, dans les dépôts et les assemblées syndicales, qu’il forge sa conscience politique : marxisme sommaire, nationalisme bolivarien, méfiance instinctive envers les élites et les États-Unis.

 

En 1986, il part à Cuba pour une formation idéologique d’un an. L’île, déjà laboratoire et refuge des gauches latino-américaines, devient son horizon stratégique. Ce séjour scelle une fidélité durable à La Havane et nourrit, plus tard, les soupçons de ses adversaires.

 

La rencontre avec Hugo Chávez change tout. Après le coup d’État manqué de 1992, Maduro participe à la mobilisation pour la libération du lieutenant-colonel emprisonné. Il cofonde en 1997 le Mouvement Cinquième République, est élu député, puis gravit les échelons avec une loyauté sans faille. Président de l’Assemblée nationale en 2005, ministre des Affaires étrangères l’année suivante, il devient l’un des hommes de confiance du comandante.

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