Le Correspondant

Plongée dans les zones de non-droit de Marseille

Pour couper la route aux trafiquants de drogue, le gouvernement a donné l’ordre de passer le karcher. 15 000 policiers sont lâchés dans les banlieues lyonnaises, lilloises ou parisiennes. 500 interpellations. Un demi-kilo d’héroïne, quatre armes et 70 000 euros ont été saisis dans le nord. D’autres opérations, nommées  » Place net XXL », seront menées sur l’ensemble du territoire. Objectif : 850 dealers à mettre sous les verrous. C’est la promesse de Darmanin, décidé à couper la « tête de la pieuvre » et  » pas seulement les pattes ». Mais sait-il que de nombreuses familles dans les quartiers vivent du trafic et que les supermarchés baissent le rideau, à chaque fois que le gouvernement donne un tour de vis à la pègre ? Reportage de Marie GroB, journaliste allemande, dans les quartiers les plus « chauds » de Marseille.

 

(Article mis à jour le 26 mars 2023 )

Vue d’Allemagne, la France est une passion, qui évoque ses victoires glorieuses, son romantisme, ses droits de l’homme ou ses grands poètes. En Allemagne, la simple évocation de son nom est une respiration. Cela nous plonge dans cette belle humeur, qui précède les grands voyages : un regard rêveur, la voix douce, les étoiles dans la tête, le monde à ses pieds.

 

Mais vue de l’intérieur, cette image lénifiante de France des lumières devient mirage. Le pays part à vau-l’eau. Ses grandes réalisations se disputent ses défaites, son patriotisme s’englue dans ses conflits et son soleil se dégonfle comme un ballon de baudruche. Tel un funambule vertigineux, le pays titube, chancelle, se rattrape et repart. En attendant la chute finale.

 

Ce terrible constat est criant dans la ville de Marseille, où j’ai passé quelques jours pour une mission désespérée : réaliser un reportage sur les gangsters, dans les quartiers Nord, haut lieu de criminalité et de trafic de drogue. De toute ma carrière, je n’ai rien vu de tel. Jamais, en tant que journaliste, je n’ai rencontré la moindre entorse à travailler dans les quartiers difficiles

 

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